Expositions

Monet, un petit air de fin du monde

En arrivant, j’aperçois au loin des grappes de gens surexcités qui semblent chercher leur juste place dans la foule. J’avance, et je vois enfin les masses prendre forme en une file d’attente un peu anarchique qui déborde largement dans la rue. Un monsieur de la sécurité qui a l’air d’en avoir bavé toute la journée annonce la couleur : “c’est FINI, vous ne rentrerez plus ! ça ne sert à rien de faire la queue ! Rentrez chez-vous !”. Une petite dame se rebelle et hurle de toutes ses forces : “Comment ça c’est fini, vous vous foutez de nous ? On n’a quand même pas attendu pour rien !”. Les autres, encouragés par ce geste éminemment courageux,  râlent de plus belle. Non mais.

NON MAIS C’EST QUOI CE BORDEL ? Le premier jour des soldes au Printemps ? Le lancement de la dernière collection créateur chez H&M ? Un samedi matin à la Poste ? Même pas. C’est le dernier jour de l’expo Monet au Grand Palais.

La dernière folie parisienne

Faut dire, je l’ai un peu cherché : j’ai la carte Sésame, je peux donc aller au Grand Palais quand je le souhaite, et pourtant j’ai attendu le dernier jour pour me pointer à l’expo la plus visitée de ces quarante dernières années. Même pas peur. Donc, pour revenir là où j’en étais il y a encore quelques heures, j’échappe à la foule récalcitrante qui piétine devant les grilles pour atteindre péniblement l’entrée du Grand Palais. Oui, péniblement, car le sol est boueux et mes semelles sont fines. Mes pauvres chaussures meurent un peu plus à chaque pas pour la beauté de l’art. Alors que je contemple tristement leur sacrifice, un autre monsieur me tombe dessus : “vous avez la carte Sésame ? ” Oui oui, je la lui montre. “Bien, donc la file d’attente, pour vous, c’est celle-ci”. Oh my god. Moi j’ai du mal comprendre, je croyais que le principe du coupe-file c’était justement d’éviter la queue. Ben non. Pas pour Monet. Monet il n’en a rien à foutre de la carte Sésame. Et au lieu de 3 heures d’attente, je n’en ai plus qu’une. Youpi ! Sauf que je n’ai jamais fait une telle queue même pour faire les boutiques, je ne vais pas commencer pour une expo. J’entretiens mon côté superficiel.

Le Grand Palais est bien connu pour savoir organiser de grands rendez-vous populaires. Mais quand même, j’aimerais bien savoir ce que Monet a de plus que les autres. Que Renoir, par exemple, qui n’avait pas fait un tel carton l’année dernière. Là, c’est du pur délire : 910 000 personnes, une ouverture 24h/24 pour les derniers jours, avec de la queue en continu même à 3 heures du matin. Les gens auraient-ils besoin de luxe, de calme et de volupté ? Mais Monet n’a pas le piquant de Baudelaire. Moi les nymphéas, je trouve ça joli mais un peu gonflant à la longue. Et je ne dis pas ça parce que je suis dépitée d’avoir loupé l’expo du siècle (bon, ok, un tout petit peu)… J’irai me consoler avec les collections permanentes du musée d’Orsay. Ou aux soldes.

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7 Comments

  1. Je me méfie (et me tiens généralement à bonne distance) des évènements qui créent de tels engouements généraux…que ça soit les expositions ou les collections capsules de h&m d’ailleurs 🙂

  2. Bien d’accord….

  3. Alors là moi aussi j’approuve entièrement!

  4. Une petite visite à Marmottan, une autre à Orsay et tu as vu les 3/4 de l’expo du grand palais! ne regrette rien (non rien de rien).

    1. Parispelemele says:

      carrément ! je ne regrette rien, merci Edith

  5. Et le dernier 1/4 de l’expo est au musée Malraux du Havre, qui mérite d’être visité + déjeuner au restau du musée pour un beau point de vue sur le port ; tu verras aussi Raoul Dufy, Eugène Bousdin…
    Attends Pâques pour programmer un week-end là-bas, les restau du bord de plage auront été ré-installés, et ne rate pas la balade en petit train ainsi que la visite de l’appartement témoin d’une résidence d’Auguste Perret.
    N’empêche, t’es une dégonflée, ça valait le coup, et ce n’était pas pire que l’expo Picasso et les maîtres.

    1. Parispelemele says:

      le bord de plage normand à Paques… ça reste risqué

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