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Le goût des pépins de pomme, Katharina Hagena

La lecture de ces fameux pépins marque une nouvelle étape de mon périple dans le  monde imprévisible des best-sellers. Cette fois-ci, c’est une bonne pioche : ce livre -que vous n’avez pas pu manquer tant il semble enraciné depuis des mois dans l’espace meilleures ventes dans les librairies de France et de Navarre- est une belle découverte. Le pitch : “À la mort de Bertha, ses trois filles, Inga, Harriet et Christa, et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l’Allemagne, pour la lecture du testament. A sa grande surprise, Iris hérite de la maison et doit décider en quelques jours de ce qu’elle va en faire. Bibliothécaire à Fribourg, elle n’envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu’elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin qui l’entoure, ses souvenirs se réveillent, reconstituant l’histoire émouvante, parfois rocambolesque, mais essentiellement tragique, de trois générations de femmes.”

 

En à peine quelques pages (qui se lisent très vite), l’auteur parvient à nous faire vibrer pour des personnages que l’on connaît finalement à peine. Bertha, la grand-mère qui fut aussi une petite fille dans cette maison, puis une épouse et une mère. La relation entre les filles de Bertha, Christa, Harriet et Inga, est émouvante et pleine de pudeur. Enfin la troisième génération est celle d’Iris, fille de Christa. Deux jeunes mortes planent au-dessus de ces trois générations de femmes : Anna, la soeur de Bertha, emportée par une pneumonie à l’âge de seize ans, et Rosemarie, fille de Harriet et cousine d’Iris, morte accidentellement l’année de ses quinze ans. Les souvenirs ne sont donc jamais sereins, d’autant plus que quelques secrets entachent l’histoire de la famille. La maison, elle, n’a rien oublié.

Emile Claus, The Farm

Le livre est entièrement dédié à la nostalgie. Iris, la jeune héroïne, déambule seule dans la maison de ses vacances, l’endroit où elle a connu les pires et les meilleurs moments de sa vie. Chaque objet est l’occasion de se souvenir d’un passé qui s’échappe un peu plus à mesure que les personnes qui l’ont vécu disparaissent. Et une question lancinante porte tout le roman : comment faire pour ne rien oublier ? Les souvenirs s’accumulent sans que l’on puisse les contrôler, effacer les plus douloureux et amplifier les plus beaux. Ils forment une masse informe, dont on ne sait que faire, mais qui apporte une sorte de plaisir triste qui fait que l’on se sent vivant. C’est cela, la nostalgie, et elle est magnifiquement racontée dans ce roman.

Le style est impeccable, et il y a de très beaux passages tant sur la forme que sur le fond : une histoire de groseilles qui refusent de rougir ; un épluchage de crevettes au goût amer ; et puis ces fameux pépins de pommes qui auraient goût de massepain. Beaucoup de métaphores pour raconter les petits drames ordinaires qui, au final, composent une tragédie. Bref, une bonne idée de lecture de vacances, même s’il vous faudra prévoir quelque chose de plus joyeux après  !

Le goût des pépins de pomme
Katharina Hagena
Disponible sur Fnac.com

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