Expositions

Au fil des Araignées, au Museum National d’Histoire Naturelle

Elle court, elle court l’araignée ! Elle vagabonde dans nos imaginations débordantes, s’insinue dans nos pires cauchemars. Serait-ce la faute à ses longues pattes crochues ? Le mouvement sinueux de ses déplacements ? Ses toiles ingénieuses qui en font une prédatrice hors-pair ? Toujours est-il que les arachnophobes sont nombreux. Moi qui suis une vraie trouillarde en règle générale, les araignées ne m’ont jamais terrifiée ; je crains plus les insectes volants, capables de nous atteindre en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire… C’est donc assez confiante que je me suis rendue dans la Grande Galerie de l’Evolution du Jardin des Plantes pour visiter l’exposition scientifique de la rentrée.

Le principal objectif de cette expo est de déconstruire clichés et contré-vérités sur ces petites amies à huit pattes. On entre tout d’abord dans un premier espaces qui rassemble plusieurs représentations de l’araignée : de l’image d’un monstre poilu à celle du brave Spiderman en passant par le crabe araignée qui fait fureur sur les marchés, l’araignée est source d’inspiration, mais la plupart du temps sur un mode négatif.

On voit ainsi quelques extraits de films qui mettent en scène des araignées vraiment terrifiantes (Harry Potter, Indiana Jones, Le Seigneur des Anneaux…). Lorsqu’elles sont de petite taille, elles se faufilent sournoisement sous la peau des protagonistes (la fameuse angoisse de la ponte des oeufs sous le bras !) et lorsqu’elles sont immenses, elles sont tout simplement des mangeuses d’hommes.

Pourtant, les araignées ne sont pas les affreuses bébêtes que l’on nous présente au cinéma. Les fameuses toiles d’araignées sont à elles-seules des oeuvres d’art ; la scénographie met en valeur la poésie de ces créations naturelles.

Innoffensives, les araignées ? En tout cas, elles ne s’attaquent pas volontairement à l’espèce humaine, bien trop dangereuse pour elles ; elles ne nous mordent que pour se défendre. Et non, les araignées ne piquent pas (encore une légende), elles mordent ; et sur près de 40 000 espèces répertoriées, seule une centaine ont un effet sur l’homme. Pas de quoi frémir, surtout dans nos contrées occidentales !

Côté exotisme, l’exposition met en valeur de drôle de spécimen à travers une série de photographies très étonnantes. Les araignées ne sont pas toutes noires, encore un mythe ! Il y en a des vertes, des jaunes, des multicolores, et même des espèces presque aussi mignonnes que des petites peluches ! Vous ne trouvez pas ?

On peut aussi voir de vrais spécimen à travers des vitres, bien moins impressionnantes que ces jolies araignées multicolore. Il y a foule pour admirer une petite mygale, et toucher une reconstitution de son poil… il faut plonger la main dans un trou noir, ça je n’ai pas osé (téméraire, mais pas trop). D’ailleurs, bon à savoir pour les phobiques, tout au long de l’exposition, des pancartes d’avertissement encadrent les espaces dits “sensibles” qui peuvent effrayer les arachnophobes.

De nombreux mini-ateliers permettent de découvrir les propriétés scientifique des araignées, leur manière de se nourrir, de s’accoupler, de chasser. Une légende s’avère bien réelle : il peut arriver à la femelle de croquer le mâle après l’accouplement. Mais il faut la comprendre, aussi, il lui faut bien se nourrir quand on attend un heureux évènement ! Et si elle est mauvaise épouse, elle est bien souvent meilleure mère.

Enfin, après avoir tordu le cou aux clichés, l’exposition présente les araignées sous un angle résolumment positif. Dans certaines cultures, l’araignées est signe d’intelligence et de sagesse : le célèbre Dreamcatcher, placé dans une chambre, attrape les mauvais rêves et permet de passer des nuits sereines.

D’un point de vue plus scientifique, on découvre le travail des chercheurs qui étudient les araignées (les arachnologues). La toile de l’araignée possèdes des propriétés prometteuses : le fil de soie est résistant, léger et flexible. Il pourrait être utilisé dans la confection de vêtements militaires ! Quant au venin, il pourrait guérir de nombreuses maladies… les études sont en cours. Dans nos assiettes, l’araignée aurait aussi de multiples bénéfices, mais là je suis encore un peu sceptique !

Pour conclure, j’ai beaucoup appris en sortant de cette exposition qui a la bonne idée de mêler art, histoire et sciences pour nous raconter l’histoire des araignées mal aimées. Si vous avez des enfants, ils devraient être conquis par la dimension interactive du parcours ; évitez juste les heures d’affluence. Samedi après-midi, il y avait un monde impressionnant.

Un petit mot pour ma meilleure amie qui aime les découvertes scientifiques et qui a une peur bleue des araignées : cette expo est faite pour toi !

Au fil des Araignées
Museum national d’Histoire Naturelle
Du 5 octobre 2011 au 2 juillet 2012
Ouvert tous les jours sauf mardi, de 10h à 18h

L’entrée est à 9 euros et comprend l’entrée dans la Grande Galerie de l’Evolution

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5 Comments

  1. Je suis complètement arachnophobe mais cette expo me donne vraiment envie, déjà parce que je suie très curieuse et surtout parce que j’adore le Muséum!

    1. Parispelemele says:

      j’ai pensé à toi en tout cas pendant la visite…

  2. Ca ns les rendrait presque mignonne … Pk pas aller y faire un tour.C’est original 😉

    1. Parispelemele says:

      c’est certain ! et je pense que ça peut aider les phobiques !

  3. […] été plus qu’emballée… carrément éblouie) – l’exposition « Au Fil des Araignées » au Jardin des Plantes, génial avec des enfants, tout comme l’Aquarium de […]

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