Théâtre et spectacles

Don Juan est de retour au théâtre des Déchargeurs

Les amis, hier soir, j’ai eu un ticket avec Don Juan. Oui oui, Don Juan. Il m’a fait une déclaration en bonne et due forme, à genoux, m’a complimentée avec ferveur, allant jusqu’à m’inviter à une nuit de débauche. Bon, je vous précise que j’étais au théâtre, et que cette déclaration à une spectatrice choisie au hasard (gare au premier rang !) aura lieu chaque soir pendant près de deux mois. Donc pour le coup de foudre exclusif, on repassera.

Don Juan est donc de retour parmi nous. Il a fui les enfers pour goûter de nouveau aux plaisirs terrestres : séduire, jouir, détruire. Problème : le monde d’aujourd’hui est perturbant pour ce séducteur machiavélique habitué aux femmes dociles et à un manichéisme rassurant. Dans ce nouveau monde, sans croyance ni ordre moral intangible, il doit tout réapprendre. Pire encore : il doit admettre que les Don Juans se sont multipliés, et qu’il n’est plus aussi simple de choquer les bien-pensants… Bref, il y a du boulot.

Pendant un peu plus d’une heure, le charismatique David Arveiller campe un Don Juan cynique, tour à tout séduisant, effrayant, mais toujours captivant. Pas facile d’être ainsi seul en scène, au coeur d’une mise en scène minimaliste qui joue sur le thème du vide. Le texte est intéressant, quelques belles envolées lyriques ponctuent ce monologue dans l’ensemble assez rythmé. Même si on retrouve les clichés sur le monde du paraître et des nouvelles technologies (c’est la communicante qui vous parle), et si la comparaison entre deux époques m’a paru parfois un peu simpliste (vous savez, le fameux”c’était mieux avant”), il y a tout de même beaucoup de bon sens dans les remarques formulées par l’infatigable séducteur. La peur de la solitude, la perte de la virilité, la banalisation de la séduction…

Ce que j’aime avant tout en allant au théâtre, c’est l’effet de surprise. Rien de pire que d’avoir l’impression d’être devant sa télé (un peu ce qui m’est arrivé récemment avec Calamity Jane). Avec ce spectacle, j’ai été servie : le sujet est original, le comédien joue l’interactivité avec les spectacteurs, il s’amuse à nous déstabiliser avec une aisance remarquable.

Alors, succomberez vous au charme de ce Don Juan aux yeux bleus, ma foi fort convaincant ?

Don Juan, le retour
Au théâtre des Déchargeurs
Du 06 mars au 14 avril 2011 à 20h / du mardi au samedi

 

 

 

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