Théâtre et spectacles

Volpone au théâtre de la Madeleine

Mais qui est donc ce Volpone qui sévit en ce moment au théâtre de la Madeleine ? Je vais vous le dire : Volpone est un fieffé gredin. Un petit vieux en pleine forme qui fait semblant d’être à l’article de la mort. Pendant ce temps, ses “prétendants” se bousculent pour lui offrir de somptueux présents en espérant figurer sur l’héritage. Mais le vieux Volpone ne meurt pas, il se contente d’amasser une sacrée fortune avec l’aide de son valet, Mosca.

Ce duo machiavélique entraîne dans son sillage une poignée de personnages tout aussi retors : en tout, ce sont trois prétendants qui se battent pour l’héritage. Il y a Voltore (“vautour”) un avocat vénal prêt à tout pour empocher le magot ; Corbaccio (“corneille nécrophage”), un gentilhomme dont l’avidité n’a d’égal que son grand âge ; et enfin Corvino (“corbeau”, probablement le pire), un jeune commerçant prêt à offrir sa femme au vieux Volpone pour attirer ses faveurs.

Ces trois hommes vont être les victimes de la ruse de Volpone et de Mosca ; au début, on rit de les voir ainsi piégés, car ce sont d’odieux personnages. Mais très vite la gêne grandit car dans ce jeu de rôle il y a bien deux victimes vraiment innocentes : Célia, la jeune femme de Corvino, et Bonario, le fils de Corbaccio. Tous vont s’acharner contre ces deux pauvres jeunes gens pour sauver leur peau.

Volpone est une pièce grinçante qui fait rire (souvent jaune) en s’appuyant sur des thèmes intemporels : la ruse, la cupidité, l’envie, la jalousie, la trahison. Tel un bon crû de Molière, cette production du 17e ne vieillit pas (son auteur, le britannique Ben Jonson, fut un contemporain de Shakespeare). A partir d’un texte plein de verve, le metteur en scène (Nicolas Briançon, qui est aussi l’interprète de Mosca) a façonné un bijou baroque aux reflets troublants.

J’ai aimé les décors en trompe-l’oeil, tout en verticalité, qui reconstituent parfaitement les lieux de l’intrigue : l’intérieur bourgeois de Volpone, la chambre d’une prostituée, un tribunal… Et bien sûr les acteurs tous formidables autour du grand Roland Bertin (81 ans… impressionnant le monsieur). Mention spéciale pour Grégoire Bonnet, le comédien qui interprète Corvino, aussi stupide que terrifiant. Et dans le rôle de sa femme, la jeune et gracile Barbara Probst est superbe.

Allez voir Volpone. Sous ses airs un peu classiques, cette pièce rarement jouée en France est un vrai régal !

[vimeo]http://vimeo.com/49913978[/vimeo]

Volpone ou le Renard

20h30 du mardi au samedi
17h le samedi et le dimanche
Durée : 1h45 sans entracte
Tarifs : De 17 € à 54 € selon la catégorie

 

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3 Comments

  1. Ton article tombe à pic! J’ai des envies de théâtre en ce moment!! 😉

    1. je trouve que le théâtre, c’est vraiment l’une des plus grandes richesses de Paris… autant en profiter !

  2. […] Irma la Douce, c’est d’abord une comédie musicale française qui fait un carton dans les années 50 à Paris, avec la jeune Colette Renard dans le rôle titre. Vient ensuite le film de Billy Wilder avec Shirley Mac Laine, ou le regard d’Hollywood sur ce conte parisien. Depuis, il y a eu plusieurs adaptations comme celle du début des années 2000 avec Clotilde Courau, et voici maintenant la Irma du metteur en scène Nicolas Briancon (il y a trois ans, j’avais adoré son Volpone). […]

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