Actus

Chacun sa mère. Delphine de Vigan / Diane Kurys


Ces dernières semaines, j’ai été confrontée à deux histoires qui ont fait un drôle d’écho dans mon petit cerveau. Des histoires de mères, des histoires de filles qui essaient de percer le secret de deux mères lointaines.

La première, c’est le fameux bouquin de Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit. J’ai profité d’une semaine de vacances au soleil pour prendre le temps de le lire. Je l’ai déjà évoqué ici, j’adore lire mais je lis très peu durant l’année. Je suis incapable de lire un livre par petits morceaux, d’être coupée dans ma lecture. J’admire les gens capables de lire dans le métro. Un livre occupe tout mon esprit, j’y pense le jour et j’en rêve ma nuit.

Ce livre-là n’a pas échappé à la règle. Il m’a obsédée des jours durant. Je m’en doutais, j’avais déjà repéré le visage de cette femme sur la couverture avant même d’acheter le livre, et puis les quelques mots extraits de cette chanson de Bashung dont je n’ai jamais compris les paroles.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=NiOHAlkNZa8[/youtube] Dans Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan essaie de surmonter la mort brutale de sa mère en écrivant son histoire, depuis l’enfance jusqu’à son suicide. Elle raconte la quête de vérité et l’impossible reconstitution de l’âme tourmentée de sa mère. Son récit est bouleversant, c’est un portrait à la fois méticuleux et fantasmé d’une femme qui a vécu toute sa vie au bord d’un précipice. Avec la grâce du désespoir.

L’autre mère, c’est celle de Diane Kurys. La cinéaste avait déjà largement exploré son passé à travers ses films, elle récidive avec “Pour une femme“. C’est l’histoire de sa mère qui aurait eu une histoire d’amour avec le frère de son père. Un triangle amoureux qui s’aime et se déchire sur une toile de fond historique, durant l’après-guerre. Le film est très réussi, les acteurs impeccables (ravissante Mélanie Thierry, et sensuel Nicolas Duvauchelle).

C’était étrange de voir ce film juste après avoir lu “Rien ne s’oppose à la nuit”, étrange de voir comment ces deux femmes ont, chacune à leur manière, tenté de s’approprier leur mère. La première s’est accroché de toutes ses forces au réel, elle a cherché toutes les preuves lui permettant de reconstituer le puzzle le plus fidèle de la vie de sa mère. La seconde a délibérément choisi la fiction, en gardant pour elle la part de vérité qui a forcément nourri son histoire. Au final, elles ont construit deux héroïnes lumineuses et sombres, si proches et si lointaines. Deux beautés.

Je vous conseille les deux, le livre et le film. Et je termine avec la chanson de Diabolo Menthe, la BO du film culte de Diane Kurys qui apparaît au générique de “Pour une femme”. Je ne sais pas s’il existe de plus jolies chansons sur l’adolescence.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=VbafEixCBek[/youtube]

 

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !
Share on FacebookTweet about this on TwitterPin on PinterestEmail this to someone

Encore une minute ?

6 Comments

  1. J’ai adoré Rien ne s’oppose à la nuit, je trouve que c’est un très beau témoignage d’amour que de ne pas placer l’être défunt sur un piédestal mais de le décrire plutôt sous toutes ses facettes

    1. c’est vrai, mais de toute manière je pense qu’elle aurait eu du mal à faire un portrait qui ne soit qu’élogieux…

  2. J’ai lu les heures souterraines de Vigan. Je l’ai bien aimé, même cette fin qui n’en est pas une. J’aimerais bien lire ce ” Rien ne s’oppose à la nuit”.
    J’ai bien aimé Pour une femme également, et même Magimel qui n’est pas un acteur que j’affectionne pourtant …

    1. tiens c’est marrant moi non plus je n’aime pas trop Benoît Magimel, et là effectivement il était plutôt convaincant

  3. ah le DE Vigan me tent les bras dans ma bibliotheque depuis …euh depuis qu’il est sorti en grand format donc ca date…ma compagne avait adoré mais jusqu’à présent j’ai toujours eu un autre truc à lire… évidemment d’accord sur le film de Kuris par contre je mettrais un bémol sur Magimel que j’ai trouvé un peu faux à un ou deux moments..je l’ai préféré dans des vents contraires que j’avais vu la veille en DVD…dans le cadre d’un prochain article à venir sur Olivier Adam :o)
    bonne soirée à toi fanny…

  4. […] mon âme d’enfant devant l’incroyable spectacle de Disneyland. J’ai pleuré en lisant Delphine de Vigan, et plus encore devant le film Song for […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *