Expositions, Sorties

Elizabeth Vigée Lebrun au Grand Palais

Voici une artiste que l’on connaît de nom, et à travers quatre de ses portraits : deux de la Reine, une de la Polignac, et puis… c’est tout. Le Grand Palais remédie à ce grand flou en consacrant une exposition à Elizabeth Louise Vigée Le Brun, portraitiste des grands des cours d’Europe pendant près d’un siècle.

Portraitiste femme, et femme dans l’histoire

Il y d’un côté la peinture tombée en désuétude, et de l’autre la vie mouvementée d’une femme qui a connu la fin d’un monde. Le parcours proposé parvient à lier les deux, pour nous faire découvrir le destin de l’artiste à travers son histoire personnelle. Près de 150 oeuvres sont mises en scène dans deux grandes parties, avant et après 1789.

On débute de manière assez classique avec la présentation de Vigée Lebrun : d’abord, la petite fille plongée dans les pinceaux de son père qui meurt lorsqu’elle a douze ans. Puis la jeune femme dont on loue la beauté, et qui commence à se faire connaître pour la qualité de son art. Mais son statut de femme peintre lui cause du tort : critiques misogynes de peintres jaloux, revenus accaparés par son beau-père puis son mari. L’occasion d’étudier la manière dont elle exprime, à travers ses autoportraits notamment, la légitimité de son art qu’elle concilie plus tard avec son rôle de mère.

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La France à la veille de la Révolution

Vient ensuite le temps de son triomphe, elle gagne les faveurs des influents de la Cour, jusqu’à séduire Marie-Antoinette qui en fera sa portraitiste préférée. Elle entre à l’Académie royale de peinture et de sculpture, ce qui fait grincer quelques dents, on lui reproche d’avoir été privilégiée par la reine, puis d’être la maîtresse de quelque puissant… peu importe, son succès ne se dément pas.

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On découvre, à travers ses portraits, la France des puissants à la veille de son déclin. Dans le luxe feutré des salons XVIIIème, tout semble pourtant tranquille. Vigée Lebrun possédait indéniablement le don de sublimer ses modèles : toutes les femmes sont superbes, vivantes, délicates, mises en valeur dans des étoffes précieuses et des décors éclatants. Et au fond aujourd’hui, peu importe le degré de ressemblance : elle a réussi à les rendre belles pour l’éternité. Marie-Antoinette aura toujours les traits fins du tableau à la rose.

Elle participe également par ses peintures au mouvement incarné par Jean-Jacques Rousseau, qui entend redonner sa juste place à l’enfant (la fille d’Elizabeth s’appelle Julie, comme l’héroïne de la Nouvelle Héloïse). Finies les représentations d’adultes miniatures, les enfants sont représentés de manière plus naturelle, et la tendresse maternelle devient un thème privilégié.

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Si la peintre brille à travers ses portraits féminins, ce sont les portraits masculins qui sont les plus frappants. Moins mielleux, peu-être, ils ont du caractère.

Le temps de l’exil

On passe ensuite à l’étage, avec la deuxième partie de l’expo qui s’attache à présenter “l’après 1789”. Vigée Lebrun trouve l’exil dans plusieurs cours d’Europe. Elle peint à Rome, Bologne, Parme, Florence et Saint-Pétersbourg… avant de pouvoir rentrer en France lors de la Restauration, après douze années d’absence. Pendant son exil, elle continue de peindre la noblesse de cour, rencontre un grand succès et aussi quelques déconvenues. Elle se remet à voyager, pour son bon plaisir cette fois-ci, et réalise de nombreux pastels.

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J’ai été enthousiasmée par cette exposition fleuve (comptez deux heures pour tout voir), la richesse des oeuvres prêtées, et la scénographie à la fois subtile et théâtrale. Maintenant, lorsque l’on évoquera Elizabeth Vigée Lebrun, je n’aurais plus seulement le portrait de Marie-Antoinette en tête mais une galerie de visages, et l’histoire peu commune d’une femme peintre au XVIIIème siècle.

Un conseil : l’appui coûte trois euros, elle est excellente, n’oubliez pas de la télécharger, ça vaut le coup !

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Exposition Elizabeth Vigée Le Brun au Grand Palais
Jusqu’au 11 janvier 2016

 

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4 Comments

  1. 2h pour tout voir ? C’est top ! Très tentée je dois dire…

    1. Oui, en suivant l’audioguide, c’est deux vraies bonnes heures !

  2. Merci pour ce ble article et ces photos superbes qui nous donnent envie de voir absolument cette expo !

    1. merci pour ce gentil message !

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