Sorties, Théâtre et spectacles

Kiss me Kate au théâtre du Châtelet

Le Châtelet a l’habitude de mettre la barre haut. Très haut. Et avec le majestueux Américain à Paris et l’incroyable Singin in The Rain de la saison dernière, c’est encore un autre niveau sur l’échelle de la perfection qui a été franchi ! Lundi, j’ai eu la chance de poursuivre cette plongée au coeur de l’âge d’or des comédies musicales américaines avec l’avant-première de Kiss me Kate, la dernière production du Châtelet.

Kiss me Kate, Shakespeare à Broadway

Cole Porter est l’un des grands noms de Broadway. On lui doit notamment quelques chansons cultes : I’ve got you under my skin ou I Love Paris, c’est lui. Kiss me Kate est son dernier grand succès. L’histoire est celle d’un chassé-croisé amoureux dans le monde du théâtre.

Sous la chaleur de Baltimore, une troupe s’apprête à jouer la Mégère apprivoisée de Shakespeare. Dans le rôle du couple vedette, Fred et Lilli, deux divorcés encore amoureux l’un de l’autre et qui passent leur temps à se quereller. Lois Lane, la nouvelle fiancée de Fred, est quant à elle amoureuse de Bill, un autre acteur de la pièce. Ajoutez à cela deux gangsters burlesques, une troupe de vrai-faux acteurs et techniciens qui installent le décor, le tout saupoudrés d’une bonne dose d’effets en trompe-l’oeil et de quiproquos. Cette mise en abîme du show dans le show m’a beaucoup fait penser à l’esthétique de Singin in The Rain, c’est le même hommage éclatant et joyeux au monde du spectacle.

Humour, sensualité et élégance

Disons le tout de suite : la magie du Châtelet opère et on en prend plein les yeux et les oreilles, comme d’habitude.

J’ai trois mots pour résumer le style du spectacle. D’abord, l’humour, avec des jeux de mots qui défilent à toute allure, des situations rocambolesques, un sens du burlesque parfaitement maîtrisé. Ensuite, la sensualité : il fait chaud à Baltimore, et ça se sent ! La meilleure chanson du show s’apelle “Too Darn hot”, c’est un tableau très sexy. Enfin, l’élégance, parce tout est d’un raffinement extrême : les robes juponnées, tous les costumes qui nous transportent dans l’imaginaire glamour des années 40 et 50 américaines, les décors qui intègrent de multiples clins d’oeil entre la “vraie” et la “fausse” scène, et puis bien sûr les performances des artistes. Dans ce récit, malgré les apparence, les têtes d’affiches ne volent pas la vedette aux autres personnages. Chacun a sa chanson phare, chaque tableau donne l’occasion à tel ou tel comédien de s’exprimer. Du coup, on est sans cesse surpris par les nouvelles scènes : chant, claquettes, danse, jeu…

kiss-mekate

Ce qui m’a le plus marquée, c’est la virtuosité du texte. Pas besoin d’être un anglophile averti pour apprécier les jeux sonores des paroles. Cole Porter est considéré comme un maître de la mélodie et du texte, et on comprend pourquoi. C’est simple, ça fait Pow, blop, wizz à chaque fois ! Comme si on débouchait une armée de bouteilles de champagne.

“I’d like to sup with my baby tonight,
And play the pup with my baby tonight.
I’d like to sup with my baby tonight,
And play the pup with my baby tonight,
But I ain’t up to my baby tonight,
‘Cause it’s too darn hot.”

too-darn-hot

Et je vous laisse avec la voix et la chanson qui m’ont le plus éblouie. Une déclaration d’amour qui se transforme rapidement en hommage au butinage amoureux… pourvu qu’il rapporte ! C’est vraiment drôle, et sur scène, c’est hilarant.


Kiss Me Kate, ça commence aujourd’hui et c’est jusqu’au 12 février au Théâtre du Châtelet (avec un accent circonflexe, s’il vous plaît).

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1 Comment

  1. Rhooo la la, ça m’aurait bien plu… Si les places au Châtelet n’était pas aussi chères !

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