Expositions, Sorties

Anatomie d’une collection au Palais Galliera : fascinants fantômes de tissus

Le Palais Galliera n’en finit pas de nous éblouir : chaque exposition me semble encore plus somptueuse que la précédente. Est-ce parce qu’on est plus habitués à voir des tableaux que des vêtements dans les musées ? Toujours est-il que les pièces présentées au musée de la mode ont le pouvoir de nous faire vibrer et voyager dans le temps. Et c’est exactement l’ambition de l’exposition installée jusqu’en octobre, Anatomie d’une collection : nous faire partager la mémoire des vêtements.

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À la découverte des trésors de Galliera

Lumières discrètes, mise en scène très sobre, vêtements et accessoires présentés sous de grandes vitrines : l’atmosphère est propice au recueillement. La visite commence par une plongée dans les dernières heures de l’Ancien Régime : un tête-à-tête inattendu avec un corset ayant appartenu à Marie-Antoinette, et plusieurs tenues de son fils Louis XVII au destin romanesque et tragique. Les corps se dessinent sous les étoffes, les fantômes sont là.

Je suis restée longtemps fascinée devant un costume du Dauphin, d’un rose tendre presque layette, qui se confronte dans mon imaginaire au rouge sang de cette fin de règne. Un rouge que l’on retrouve un peu plus loin sur un authentique bonnet phrygien orné d’une cocarde tricolore, présenté dans sa boîte cartonnée, tellement plus vivant que toutes ses représentations illustrées.

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Histoire individuelle, histoire d’une époque

Défilent ensuite sous nos yeux des silhouettes immobiles. Des vêtements portés par Napoléon et sa première épouse, par des personnalités ou des anonymes. Il y a des pièces raffinées réalisées dans des tissus précieux, d’autres aux coupes très simples dans des matières pensées pour le travail, d’autres encore aux coupes recherchées mais dans des tissus peu onéreux (et oui, à l’époque, quand on n’avait pas les moyens de collectionner les soieries, on pouvait tout de même faire reproduire les coupes à la mode).

Certains objets affolent notre imaginaire, comme ce costume porté par un homme un jour de juillet 1836, lors d’un duel qui lui fut fatal. Ou bien la robe de mariée d’une épouse bien-aimée (celle du Docteur Gachet, proche de Van Gogh) qui succomba à la maladie quelques années après ses noces.

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L’intimité d’un être à travers le vêtement

Les grands noms et les époques défilent et les images se succèdent : George Sand dans sa robe à motifs épis de blé, Sarah Bernhardt dans ses majestueux costumes de scène, Audrey Hepburn dans une robe Givenchy qui incarne à merveille l’élégante simplicité de son style. Chaque vêtement est accompagné d’un cartel explicatif : qui l’a porté, dans quel contexte, avec de nombreuses anecdotes à la clé. C’est fascinant, captivant, à ne pas manquer. 

«La photographie de quelqu’un, un vêtement ou un corps mort sont presque équivalents : il y avait quelqu’un, il y a eu quelqu’un, mais maintenant c’est parti. » – Christian Boltanski

Anatomie d’une collection au Musée Galliera
Jusqu’au 23 octobre 2016

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1 Comment

  1. Sur ma “to do list” !

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