Sorties, Théâtre et spectacles

La reine de beauté de Leenane au Lucernaire

Je vous le disais dans ce billet, il y a quinze jours nous avons fait un petit marathon théâtre au Lucernaire. Parmi les 3 spectacles vus, la Reine de beauté de Leenane a été mon préféré.

Voici le pitch : “À Leenane, petit village paumé de l’Irlande d’aujourd’hui, une mère et sa fille vivent en huis clos et s’empoisonnent la vie au fil des jours et de la pluie incessante. Mag, vieille chipie acariâtre et tyrannique, retient auprès d’elle sa fille Maureen, quarante ans, célibataire encore vierge rêvant de liberté et d’amour. Toutes deux se jouent une guerre sans merci jusqu’au jour où Pat Dooley arrive, offrant à Maureen une dernière chance de vivre sa vie. Mag va alors tout tenter pour empêcher sa fille de partir.”

Chronique (mordante) du désespoir

Nous voici ainsi plongés dans un univers sordide, triste à mourir. Une vie rythmée par les repas à base de soupes en sachets et de biscuits bon marché, le son de la télévision et les noms d’oiseaux que s’échangent mère et fille. La mise en scène parvient habilement à restituer l’atmosphère angoissante de ce petit village irlandais, avec l’ennui comme personnage principal, et en toile de fond le drame social des habitants de Leenane (pas de boulot, pas de perspectives).

Puis vient l’annonce d’une soirée, un peu de vie dans le quotidien mortifère des deux femmes, et tout bascule. L’élément perturbateur, c’est un homme. Un voisin qui laisse entrevoir à Maureen, la fille, la possibilité d’une échappée belle. À ce moment de l’intrigue, tout est encore possible, et on se demande vraiment quelle sera l’issue : la sortie de secours, ou la plongée encore plus profonde.

reine-beaute-lucernaire

C’est une pièce qui tient les spectateurs sur le fil, entre humour noir et désespoir. Les thèmes abordés sont nombreux : la solitude, l’amour, la haine, le désir, la frustration. Tous ces sujets sont portés par la délicatesse et la puissance du jeu des acteurs, dont Grégori Baquet qui excelle dans le rôle du voisin. La voix de Maureen, ses intonations qui oscillent entre la mélancolie et la folie me sont restées longtemps en tête quelques jours après la représentation. Quant à la mère, elle est simplement terrifiante !

Filez voir cette pièce fascinante au Lucernaire, jusqu’au 16 octobre.

affiche-la-reine-de-beaute-1

 

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !
Share on FacebookTweet about this on TwitterPin on PinterestEmail this to someone

Encore une minute ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *