Accouchement : projection versus réalité

Je poursuis mes chroniques grossesse / maternité avec l’accouchement. J’avais lu des dizaines de récits d’accouchement sur les blogs, et comme tout le monde j’avais bien préparé la scène dans ma tête. Vous vous en doutez, la réalité a réservé quelques surprises…

Les contractions

Avant : Je pensais passer des heures à faire l’expérience de l’effet crescendo des contractions, à tourner dans mon appartement avec ma petite bouillotte, à câliner mon chat, à me faire masser pour atténuer la douleur. Et puis, après avoir patienté un maximum (hors de question de me faire renvoyer à la maison), aller à l’hôpital.

En vrai : Jeudi, fin d’après-midi, j’ai des contractions un peu plus douloureuses que d’habitude. Sûrement du faux travail. On va au ciné, on suit le film sans aucun problème, Louis chronomètre les contractions (tous les quarts d’heure). On rentre à la maison en métro, tranquillement. Les contractions se rapprochent et s’intensifient ; à défaut de câliner Jaja, je me roule en boule par terre et elle me regarde, impassible, son jouet à la patte pour que je lui lance. Aucune compassion. J’ai encore faim, je me prépare une tartine de Nutella (normal, je vous rappelle que j’étais un ogre en fin de grossesse). Et là je perds les eaux. On part pour la maternité. Déjà ? Au final j’aurais passé moins d’une heure dans mon appart.

L’arrivée à hôpital

Avant : J’imaginais un hôpital bondé, des dizaines de patients courant dans les couloirs et tout autant de sage-femmes à mon chevet. J’avais peur de devoir patienter dans un couloir de fin du monde en attendant mon tour, gavée de Spasfon, pleurant toutes les larmes de mon corps. Un mix entre Baby Boom et Grey’s Anatomy.

En vrai :  Quand je suis arrivée vers 1h du matin, tout était désert. Après une auscultation très sereine, la sage-femme me dit que c’est bon, on me garde. On passe quelques couloirs tout aussi vides, et on est installés en salle de naissance dans un calme olympien. Rien de l’ambiance cataclysmique que j’avais imaginée. Et c’est cette même sage-femme qui s’est occupée de moi et nous a bichonnés jusqu’à l’arrivée du bébé.

La douleur

Avant : Je pensais que l’accouchement allait être la pire journée de ma vie, que j’allais connaître des souffrances abominables, et que j’allais accomplir le plus grand dépassement de moi. J’avais même préparé une playlist spéciale avec des titres sensés me motiver une fois venu le grand moment.

« Here we are, born to be kings,
We’re the princes of the universe,
Here we belong,
Fighting to survive in a war with the darkest powers »

Le générique d’Highlander, les amis. Enfin bref, j’allais survivre, mais ça allait être coton.

En vrai : La douleur a été largement supportable grâce à la péridurale, qu’on m’a posée à peine une heure après mon arrivée, alors que je m’étais préparée à endurer encore quelques heures de souffrance. En fait, le pire moment a été celui où l’on m’a posé un cathéter : la vision d’un bout de plastique planté sur le dos de ma main m’a fait perdre mon sang-froid. Rien à voir avec la douleur, juste un gros malaise visuel, vite résolu quand la sage-femme l’a dissimulé avec un morceau de coton. On a vu mieux comme scénario catastrophe. Non, le scénario catastrophe c’est l’épisode 2, APRÈS l’accouchement #teasing

La rencontre

Avant : C’est le moment qu’on fantasme le plus, à quoi va-t-il ressembler, est-ce qu’il va crier, est-ce qu’il sera sale, est-ce qu’il sera beau, est-ce qu’il ira bien (quand même).

En vrai : Indéniablement le meilleur moment. Mais aussi le plus déroutant. Parce que d’un coup ce bébé ne t’appartient plus et s’impose dans toute son individualité. Le terme « rencontre » est vraiment le plus approprié, on est confrontés à quelqu’un qu’on ne connaît pas encore. On est tellement bercés par ces histoires de lien instinctif entre la mère et l’enfant que ça peut être culpabilisant de ne pas sentir tout de suite de connexion. Moi j’ai surtout vu un petit bonhomme bien éveillé, qui nous regardait avec ses grands yeux et ses petits poings recroquevillés, et je ne me suis pas demandée si il était conforme à mes attentes. Il était là, un point c’est tout.

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La prochaine fois, je vous parle du séjour à la maternité. Un grand moment. De désespoir.

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5 Commentaires

  • Julycocoon dit :

    Ah ah excellent, je suis totalement d’accord pour la rencontre du bébé mais de mon côté j’ai quand même u un choc entre ce que je m’étais imaginée (un gros garçon) et le résultat une mini puce !

  • Lili dit :

    Oulala (pour l’annonce du désespoir au prochain épisode)…
    Jusque là, tout va à peu près bien 😉

  • Aurore dit :

    Depuis quelques temps j’ai plus des échos d’accouchement douloureux qu’autre chose, ce qui me fait franchement peur !

  • Laetitia dit :

    C’est cool que ça se soit bien passé pour toi. Malheureusement dans mon entourage aussi beaucoup de mauvaises expériences, sans parler des joies de la césarienne ou de l’épisio. Je suppose que ça dépend aussi du contexte, des équipes, et de plein d’autres choses mais bon ce n’est pas toujours très réjouissant 🙁

  • Ally dit :

    Tu m’as bien fait rire. c’est cool de lire ton retour d’expérience. Le tout c’est que ce soit bien passé 🙂

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