Séjour à la maternité : retour d’expérience et conseils

Après le billet la grossesse et un autre sur l’accouchement, je poursuis mes chroniques de jeune maman avec le séjour à la maternité. C’est le sujet qui me tient le plus à coeur, celui que je n’avais pas vu venir… ou du moins pas comme ça.

Le jour de la naissance

On est arrivés à l’hôpital le jeudi soir et j’ai accouché un vendredi matin, après une nuit de travail donc. Les premières moments avec bébé sont hors du temps, on flotte dans une dimension parallèle. Enfin, moi je flottais aussi parce que la péridurale faisait encore effet. Je pensais naïvement que dès la fin de matinée je pourrais gambader dans les couloirs ou du moins, aller faire pipi toute seule (youhou). En fait, je n’ai pu mettre un pied par terre que dans la soirée.

Nous avons passé cette première journée en salle de naissance, parce qu’aucune chambre n’était libre. On a essayé de se reposer du mieux qu’on pouvait, mais ce n’était pas évident car il y avait beaucoup de visites de contrôle pour moi et pour le bébé. Entre deux passages, j’essayais de somnoler, mais la chaleur écrasante m’a empêché de fermer l’oeil.

En fin d’après-midi, je suis montée avec ma famille toute neuve (ou plutôt on m’a poussée, j’étais encore en fauteuil, rapport à la péridurale) jusqu’à ma chambre. À Trousseau, ce sont des chambres individuelles et c’est vraiment appréciable. On a commencé à se préparer pour notre premier repas en tête-à-tête, bébé à côté.

J’avais imaginé ce moment des centaines de fois : on déboucherait la bonne bouteille que j’avais mise de côté pour l’occasion autour d’un bon plateau de fromages, on contemplerait notre bébé et on serait heureux. En vrai : on n’a bien sûr pas pensé à emmener la bouteille à la mater (il y a d’autres priorités à ce moment-là), Louis en a acheté une en catastrophe chez Franprix avec quelques fromages sous-vides, pas le temps de courir les bonnes adresses. Après neuf mois sans alcool et 24h sans dormir, la première gorgée de rouge a été bien rude. Et surtout, j’ai commencé à ressentir les première douleurs du post-partum, je me sentais vidée de toutes mes forces avec un corps très endolori. À défaut d’admirer notre bébé, nous ne pensions déjà qu’à une chose : DORMIR.

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Les nuits

Ce vendredi soir, après avoir échangé plein de SMS avec les proches pour organiser les visites, nous avons décidé que Louis rentrerait chez nous pour qu’au moins un de nous deux fasse le plein de sommeil. Il est donc parti vers 22h, et je me suis retrouvée seule avec mon petit bébé. Je savais qu’il prendrait un biberon toutes les 3 heures, mais quand même, j’allais pouvoir dormir un peu.

Erreur. Cette première nuit et les trois suivantes, Marius n’a quasiment pas dormi, et j’ai veillé avec lui en alternant biberons, changement de couches et câlins de consolation. J’ai appelé les infirmières vers 3 heures du matin, craignant qu’il n’ait un souci, il hurlait si fort… mais non, on m’a dit que tout était normal et qu’il fallait que je tienne le coup.

La première nuit a été la plus dure, je n’étais pas préparée. Imaginez un peu : vous venez d’accoucher, le corps et l’esprit ont besoin de récupérer, et on vous empêche de fermer l’oeil plus de dix minutes. C’est intenable. Alors oui, on m’avait bien parlé de baby blues lié à la chute des hormones… aujourd’hui ce discours me fait le même effet que celui sur les changements d’humeur liés aux règles. Je ne nie pas l’influence des hormones, mais putain, c’est surtout et avant tout le manque de sommeil qui fait pleurer de rage et d’épuisement. Commençons par laisser dormir les mamans en prenant en charge les bébés durant la nuit et on verra si le baby blues est aussi violent !

Les deux nuits suivantes, je les affrontais en me conditionnant comme une guerrière. Je tenais en pensant au retour de Louis, au café fumant et aux chouquettes qu’il m’amènerait. Je faisais connaissance avec mon fils d’une façon bien douloureuse, nous pleurions tous les deux à chaudes larmes. Dès que Louis arrivait, je démissionnais : je n’ai rien suivi des instructions pour donner le bain, nettoyer le nombril ou bien mettre la couche. J’essayais juste de somnoler quelques secondes, quelques minutes, tout était bon à prendre.

Les visites médicales

On est restés trois jours et demi à la maternité : vendredi (en salle de naissance), samedi, dimanche et lundi matin en chambre. Tous les matins (dès 5h environ), les visites s’enchaînaient : peser le bébé, faire ses premiers tests, distribuer de nouveaux biberons, contrôler ma tension, refaire le plein de médicaments, contrôler le post-accouchement. Ajoutez à cela le ménage, les plateaux repas et vous obtenez un ballet permanent de sage-femmes, médecins et infirmier/es. Heureusement, le personnel médical est d’une gentillesse remarquable, chaque visite est effectuée avec le sourire et beaucoup de tact. Je ne sais pas si c’est toujours le cas mais je n’ai rien à dire de ce côté là.

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Les visites des proches

Sujet très sensible, le seul que j’avais vu venir. Quand j’étais enceinte, j’ai beaucoup répété que les visites m’angoissaient, j’avais peur d’être fatiguée et j’aurais mille fois préféré les voir plus tard. J’avais raison, et j’avais même sous-estimé ce niveau de fatigue.

Je maudis cette tradition qui veut que les proches accourent contempler le nouveau-né, alors que la jeune accouchée (quel terme horrible) git dans son lit et récupère tout juste de la naissance. Refuser les visites est vécu comme un affront par beaucoup de familles. Bien sûr, j’avais hâte de présenter Marius à tout le monde, mais si seulement nous avions pu attendre quelques jours, le temps de rentrer à la maison et de faire le plein de sommeil ! Je n’étais pas en état d’affronter un tel tsunami physique et émotionnel. J’étais vraiment à la ramasse, bien cassée par un trio explosif : manque de sommeil + médocs + champagne. J’ai beau ne pas avoir bu beaucoup, comme je vous le disais après neuf mois d’abstinence les effets de l’alcool sont démultipliés.

Les visites ont lieu l’après-midi, le seul moment où l’on peut dormir. Idéalement chaque visite ne dure pas plus de 30 minutes et avec pas plus de 4 personnes, mais dans la vraie vie c’est très compliqué à mettre en place. Comment expliquer à votre famille qui a fait près de 5 heures de route que vous n’avez qu’une demi-heure à leur consacrer ? C’est très frustrant pour tout le monde. Pour les amis, c’est différent car il y a un peu moins d’affect, tout m’a paru plus simple et moins « symbolique », ce sont les visites pendant lesquelles on a pris le temps de souffler un peu. J’ai beaucoup apprécié également les précieuses attentions comme les fleurs, les gourmandises, les petits cadeaux adorables qui font du bien.

Garder le moral

C’est paradoxal de finir le sujet avec une telle accroche… C’est vrai, quand on s’imagine avec son tout jeune bébé, on a du mal à se dire qu’il faut se préparer à garder le moral, ça paraît évident. Mais non. Vous l’aurez compris, toute ma frustration de ce moment est lié à une chose toute simple mais qui rend fou : le manque de sommeil.

Voici donc quelques conseils en vrac que j’aimerais partager avec les futures mamans pour affronter ce séjour et garder le moral :

S’appuyer sur sa moitié… tout en le ménageant.

Bien sûr, le soutien du papa est crucial. N’ayez pas de scrupules à le laisser gérer la logistique : visite des proches, allers-retours à la maison, soins du bébé… sans négliger l’épreuve qu’il traverse lui aussi. J’ai fait très attention, malgré la fatigue, à préserver nos moments à trois, et – c’est très bête à dire – à lui parler avec douceur et en respectant aussi sa fatigue à lui. Ainsi, pendant ces trois jours hors du temps, j’ai beaucoup pesté et pleuré, mais je n’ai jamais passé mes nerfs sur lui, et ça j’en suis très fière.

Savourer les petits plaisirs

Comme je vous disais, j’ai beaucoup apprécié les petites attentions. Dans ces moments là, il faut profiter de chaque petite chose. Croquer dans un croissant frais apporté par le papa. Sentir le parfum des jolies fleurs qui égayent la chambre d’hôpital. Enfiler un petit body sur ce tout petit corps à croquer. Respirer à pleins poumons l’odeur de son bébé. Faire ses premiers pas toute seule après les effets de la péridurale. S’appeler papa et maman pour la première fois avant que ça ne devienne presque banal. Et surtout : imaginer comme on se sentira bien après une nuit complète de sommeil.

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À glisser dans sa valise…

J’avais soigneusement préparé ma trousse de toilette avec mes produits chouchous, et j’ai bien aimé pouvoir compté sur eux dans l’austérité de la salle de bain d’hôpital. Par exemple, le soir je prenais quelques minutes pour appliquer ma crème et réapprivoiser tout doucement mon corps. J’avais aussi mis en place un mini rituel le midi, après le déjeuner : je posais un masque sur mon visage (vous savez, les masques individuels qu’on trouve chez Sephora par exemple), puis j’appliquais un sérum « bonne mine » génial de la gamme bio de Nuxe. J’avais ainsi l’impression de reprendre (un peu) forme humaine avant les visites.

Concernant les fringues, ne faites pas l’erreur comme moi de prendre des tenues en taille normale en vous disant que « ça va le faire ». Non, ça ne le fera pas, alors on continue de porter sans scrupules des vêtements de grossesse histoire de ne pas se flinguer trop vite le moral. Et oubliez les trucs un peu sophistiqués, prenez de jolis pyjamas et autres tenues d’intérieur. Prenez manches longues et manches courtes, il faisait super chaud dans ma chambre et j’ai du envoyer Louis chercher des fringues sans manches.

Enfin, le petit accessoire que j’aurais aimé avoir, c’est un masque pour les yeux comme ceux que l’on prend pour un voyage en avion. En effet en salle de naissance il y a de la lumière en permanence et je pense que j’aurais pu réussi à mieux dormir avec ça sur les yeux. Bref, à glisser dans la valise !

Pour finir sur ce sujet, je vous conseille ces planches de BD extrêmement pertinentes.

J’aimerais beaucoup avoir le retour d’autres jeunes mamans, comment avez-vous vécu ce séjour à la maternité ?

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15 Commentaires

  • Aurore dit :

    C’est pas possible de repartir chez soi rapidement plutôt que de rester à la mater ? Tant qu’à pas dormir, autant que ça soit à la maison, et avec le papa pas loin !

    • Fanny dit :

      Hélas non, car ce qu’on n’imagine pas avant d’avoir accouché c’est le temps de récupération de son propre corps. Il faut être sous suivi médical étroit pour s’assurer que tout va bien dans les premiers jours.

      • Bonjour Fanny, merci pour ton partage sur ces suites de naissance. Je suis bien triste de sentir les difficultés que vous avez traversées. Ca me rappelle beaucoup la naissance de mon premier enfant, quand je n’étais pas encore informée sur les possibilités d’alternatives au parcours habituel de naissance. Pour mon 4e enfant, nous sommes restés à la maternité deux heures seulement et rentrés à la maison direct, quel bonheur ! Le temps de récupération qu’il t’a fallu est probablement dû à la péridurale. J’ai écrit mon expérience ici : http://www.perles-pacifiques.fr/2009/08/14/la-nuit-ou-mon-bebe-de-2-heures-est-rentre-a-la-maison/
        Bonne continuation.

      • Florence dit :

        ‘Il faut être sous suivi médical étroit pour s’assurer que tout va bien dans les premiers jours.’

        Pourtant un accouchement ce n’est pas une maladie grave. On a un peu tendance à l’oublier…en France. Il faudrait pouvoir rentrer chez soi, dès que l’accouchement est fini. Et recevoir de l’aide à domicile. Beaucoup plus cool.
        C’est la ‘formule magique néerlandaise’ et personne ne s’en plaint ici.
        Bonne chance.

  • Vanessa dit :

    Mon premier accouchement, c’était il y a presque six ans. Le suivant, c’est dans environ 3-4 semaines…
    J’ai accouché par césarienne (et c’est bien parti pour être à nouveau le cas) et je me rappelle avoir été dans le coton 24h à cause de la morphine. Ensuite, il y a eu la frustration de ne pas pouvoir bouger comme je voulais pour m’occuper de mon fils. Puis le séjour à la maternité qui est plus long… mais je me rappelle aussi avoir dit que je signerais à deux mains pour une nouvelle césarienne tellement j’avais peur de l’accouchement.
    Aujourd’hui, je prendrai les choses comme elles viendront. J’ai peur du manque de sommeil, parce que je sais à présent ce que c’est.
    Mais je sais aussi que tout ça passe tellement vite et qu’on trouve en nous des ressources insoupçonnées, alors je reste confiante et optimiste. Ou naïve, c’est à voir 😉

    • Fanny dit :

      J’avais très peur de l’accouchement aussi mais tout autant de la césarienne, terrorisée à l’idée de passer par la chirurgie… au final vraiment ça a été plus facile que je ne pensais, l’accouchement par voie basse. Mais vraiment avant d’accoucher les deux me paraissaient aussi horribles l’une que l’autre !

  • Cyrielle dit :

    Je n’ai pas tant ressenti la fatigue personnellement, mais si j’accouche une seconde fois, fini les visites à l’hôpital ! Ce sera uniquement les grands parents. L’angoisse que j’ai ressentie quand je voyais mon bébé hurler à cause des coliques et être quand même balloté de bras en bras ça plus jamais… Il faisait une chaleur étouffante et nous étions plus de 10 dans la petite chambre j’ai cru que j’allais m’évanouir, surtout que l’épisiotomie me faisait souffrir et que je ne savais pas comment m’installer pour récupérer. Bref, ça aura été les 6 jours les plus longs de ma vie je crois 😉

  • Je te rejoins sur tous les points: le manque de sommeil, le va et vient du personnel, les visites même quand tu as bien précisé avant l’accouchement qu’à part les grands parents et les frères et sœurs tu ne voulais personne… bref. Moi aussi ça m’a mise en rage qu’on mette mon épuisement et mes larmes sur le compte du baby blues !

  • Enfin!! Enfin quelqu’un qui dit la vérité vraie !!! Je pense que c’est important d’en parler pour que les futures mamans n’idealisent pas trop le moment.
    C’est un véritable bonheur de devenir maman mais les débuts sont rudes!! Pour les nuits … j’ai dû attendre 10 mois. Ahah
    Et concernant les visites tu as tellement raison!! Je ne ferai pas la même erreur pour ma 2eme grossesse.
    Et bein en tout cas ça fait plaisir à lire. Je me sens moins seule !

  • Caroline dit :

    Bonjour Fanny,

    Je me « réjouis » de tes articles sur la grossesse et la maternité depuis que je suis moi aussi enceinte.
    Récemment, j’ai eu une interrogation à propos de vêtements pour bébé. J’ai acheté des bodys naissance et en les sortant de leur emballage, je les ai trouvés extrêmement petits. On m’a conseillé de prendre plutôt du 3 mois. Je sais que chaque enfant est différent, mais j’aurais aimé avoir un autre avis. Pour ton petit Marius, quelle taille a convenu les premiers jours?
    Merci pour ton retour!

    • Fanny dit :

      Merci beaucoup, ça me fait très plaisir que ces articles puissent être utiles ! Alors pour les vêtements, on m’avait aussi dit de n’acheter que du 3 mois… et heureusement que je ne les ai pas écoutés. Mon bébé était un bon gabarit (3k6 et né 15 jours avant le terme), pourtant il a mis de la taille naissance quelques jours, et ensuite énormément de un mois. Je n’ai commencé à lui mettre du 3 mois qu’au bout d’un mois et demi. On a beau dire que ça passe vite, heureusement que j’avais de quoi l’habiller pendant cette période. Ensuite tu vas voir, les marques taillent très différemment : petit bateau taille petit, DPAM plutôt grand, Gap baby très grand… par exemple il y a des bodys DPAM (les meilleurs, je te conseille, car ils sont très résistants en machine) que j’ai en taille un mois et que je continue de lui mettre (il a un peu plus de deux mois).

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