Ma nouvelle vie en poussette à Paris

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Ma poussette, plus qu’un objet, c’est ma liberté. Alors je lui devais bien un petit hommage. Et je commence en remerciant mon amie Aurélia qui m’a conseillé le modèle parfait, c’est la Buggy XS de Périclès. Je la conseille à tous les jeunes parents qui veulent une poussette compacte, solide et pas trop chère (et elle est bien adaptable pour les nouveaux nés). Pour ma part, une révélation !

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Avec ma poussette, je vis une histoire d’amour passionnée. Pas un jour sans que nous ne dévalions ensemble les rues de Paris, les passages alambiqués du 20ème, les cantines branchées du 10ème et les restos chics du 7ème.

Avec ma poussette, c’est une love story à trois. Baby Marius n’est jamais aussi paisible que dans les bras de son bel engin. Faut que ça bouge, que ça tangue, qu’on enfile les kilomètres. Parfois, notre petit trio accueille un quatrième larron, mais attention papa : on a nos petites habitudes.

Avec ma poussette, je me sens libre et je ne me refuse rien. Un verre à l’autre bout de Paris ? Chiche. Un déj de dernière minute ? Allons-y. Une étagère à acheter pour la chambre du petit ? Allez hop, je la glisse dans le panier intégré. Envie d’un latte à emporter ? Aucun problème, elle glisse si bien sur le pavé parisien que je peux la pousser d’une seule main. Elle est si compacte qu’elle passe même l’épreuve des escalators en taille minus, et les rayons les plus étroits. Ne cherchez pas, Super-poussette woman, c’est moi.

Avec ma poussette, je songe à me reconvertir en ingénieur RATP. Je connais par coeur les changements de métro, les passages avec ascenseurs, les raccourcis pour éviter les escaliers. Je peux dresser une liste des avantages comparatifs entre le métro et le RER. Hauteur des marches entre le véhicule et le quai ? Le métro gagne. Escalators ? Le métro perd.

Avec ma poussette, je prends conscience du mot accessibilité. Déjà, enceinte, je savais à quel point ce métro parisien était peu praticable. Avec ma poussette, c’est encore une autre histoire. J’enrage contre les ascenseurs en panne, je pleure devant les escaliers de Montmartre, je passe une heure dans le bus pour éviter un changement compliqué en métro. Mais au final, je m’en sors toujours. Ce qui n’aurait pas été le cas si j’avais été en fauteuil. Ma poussette me fait prendre conscience de l’importance de se battre pour l’accessibilité.

Avec ma poussette, je revis avec nostalgie le temps où nous ne l’avions pas encore choisie. Nous observions alors chaque poussette qui passait dans la rue en essayant de reconnaître le modèle. Aujourd’hui c’est moi qui entend les chuchotements des futurs parents qui zieutent ma belle poussette : « mais si, je te dis que c’est la Yoyo » (non, c’est pas la yoyo, la mienne est bien mieux).

Avec ma poussette, mon petit coeur fond face à la gentillesse des gens. Mettons de côté les deux ou trois connards qui t’écrasent sans vergogne dans le RER, ils ne m’intéressent pas. Il y a toujours un ou une chevalier servant(e) qui me propose son aide quand je suis face à un escalier à monter ou à descendre. Alors vous qui passez par là et qui prenez le temps d’aider les mamans au risque de louper votre métro, je vous le dis : je vous aime.

Avec ma poussette, c’est parfois l’amour vache. Elle me flingue sournoisement le genou droit et le bas du dos. Parce qu’il faut parfois la porter seule quand il n’y a personne, et surtout parce que j’habite au 4ème étage sans ascenseur et sans local à poussette.

Avec ma poussette, je vis quelques frustrations. Quand je repère un resto que je voulais tester, et que je constate à travers la vitre qu’il n’y a aucune place pour la garer. Mais il y a aussi les gens qui se plient en quatre pour me trouver une place, qui monopolisent une table de 4 pour que je sois plus à l’aise.

Avec ma poussette, et c’est le plus beau, je collectionne les jolis moments. Elle a le pouvoir de transformer les visages stoïques du métro en larges sourires. Et aussi, de susciter les questions les plus incongrues : « ohhh, une poussette, c’est un bébé ? » « … ». Mais c’est mignon. Je me mets à échanger quelques mots avec des inconnus : il s’appelle Marius, il a deux mois et demi. Quelques secondes de pure bienveillance.

Et puis je finis avec l’anecdote qui résume le mieux ma nouvelle vie en poussette. Quartier des Gobelins, j’entre dans un café sympa et pas cher (le café curieux, je conseille), je trouve une belle place, je demande au serveur de l’eau minérale pour le biberon du petit. Malheureusement, il n’a que de l’eau du robinet. Dépitée, je rhabille donc le petit, sors du café et me met en quête d’une supérette. Je tombe sur un Carrefour City, et constate que le rayon eaux est au sous-sol, et que l’ascenseur ne marche pas. Le vigile vient vers moi, je lui explique. « Ne bougez pas ». Il descend me chercher une bouteille, remonte et passe lui-même à la caisse. Il refuse la monnaie que je lui tends. À la place, il me fait un grand sourire et me donne la bouteille : « ça, c’est mon cadeau pour votre beau bébé ». Je suis sortie de là le coeur gonflé à bloc.

Je vous le dis, ma poussette va changer le monde.

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