Actus, Escapades

Un week-end à Center Parcs, voyage dans les années 90

En novembre dernier, je pensais avoir réservé un week-end à Center Parcs. Ce qui m’attendait était bien plus grand, bien plus insolite : un voyage dans le temps façon Retour vers le Futur, direction les années 90. Allez, venez, je vous emmène découvrir un monde que vous pensiez disparu.

Pour répondre à la question qui vous brûle les lèvres : pourquoi Center Parcs ? Et bien j’ai un goût assumé pour certains concepts bien standardisés, et le fait d’avoir un enfant n’a fait que conforter ce penchant. Il m’a suffi de voir passer une promo sur voyage privé pour que j’embarque mes copines dans ce délire : un grand week-end d’hiver à Center Parcs, où je n’avais pas mis les pieds depuis mon enfance. On a choisi les Bois Francs, décrit par les fans du concept (car il y a de vrais accros) comme la référence absolue.

VENDREDI

Nous voici donc parés pour l’aventure, un vendredi soir de novembre, moi, mes trois potes et Marius, en route vers le temple du loisir en famille.

20h.

En arrivant en voiture, on tombe sur une jeune femme qui nous accueille avec un large sourire. “Bienvenue à Center Parcs, vous pouvez avancer jusqu’à votre cottage pour décharger les valises et ensuite il faudra garer la voiture au parking”. Parking qui se trouve, on le découvrira après, à 15 minutes à pied du cottage. Mais on joue le jeu : on gare la voiture, et on prend possession des lieux.

C’est là, mes amis, que commence le voyage dans le temps.

Murs de crépis jaune dans toutes les pièces, meubles en contreplaqué de bois, lits (et sommiers) d’une autre époque. Des tableaux de fleurs géantes vert fluo achèvent de donner à l’endroit un style… à part. Seule la salle de bain semble avoir été rénovée. L’ensemble est un savant mélange baroque qui puise entre les années 80 et 90. Ami trentenaire, bienvenue dans ton enfance.

20h30.

On fait les lits. Je constate qu’il n’y a pas de draps pour le lit bébé. J’appelle la réception. “Mais madame, c’est à vous d’amener les draps pour le bébé !”. Sans déconner, je n’ai même pas réussi à valider le fait qu’il y ait un lit bébé, alors les draps… Heureusement la dame, magnanime, nous en fait apporter par un mec en voiturette.

21h40.

On a faim. On trouve dans la chambre une brochure des restaurants du parc. Une liste à base de poulet, de pâtes et de pizzas. On commence à saliver à la perspective d’une bonne grosse pizza industrielle dégoulinant de gras. C’est alors que survient le drame, écrit en petit, en bas de la carte : “Service livraison jusqu’à 21H30”. Il est 21h40. Branlebas de combat, mes potes partent en quête d’un resto ouvert dans le parc pendant que je garde Marius, mais elles reviennent bredouilles, tout est fermé. La voiture est à 15 minutes à pied de là, il n’y a rien à manger, on est coincés là, ON VA TOUS MOURIIIIRRR !

On passe donc notre première soirée à boulotter un cake aux poires, seule victuaille en notre possession (mis à part les petits pots de Marius).

SAMEDI

10h.

Après une nuit chaotique (Marius n’est visiblement pas fan de son lit en contreplaqué), nous partons en direction du centre névralgique du parc, qui attirent toutes familles comme des aimants : l’Aqua Mundo, qui désigne la fameuse tropicale mais aussi tout l’espace couvert et qui rassemble des restaurants, des boutiques, un bowling… Dans l’entrée principale, la vue d’un grand arbre artificiel me cause un choc : c’est exactement le même que dans mes souvenirs. La dernière fois que je l’ai vu, je devais avoir moins de dix ans. Le truc n’a pas bougé d’un pouce. Back to 1994.

Le reste est dans le même esprit de l’époque : c’est une sorte de fausse jungle tropicale, un mix de feuilles en plastiques et de vrais flamants roses. Dans l’air flotte un parfum de chlore, et partout des gamins qui affluent. Moi je m’en fiche, je suis en plein kif, il y a des passerelles adaptées pour les poussettes, rien ne peut gâcher mon bonheur.

Un coup d’oeil sur le grand tableau des activités : au milieu des classiques balades en poney, vélo et bowling se balade une séance beauté pour les petites filles à base de manucure et de peignoir rose. Ben oui quoi, dans les années 90 on ne s’embêtait pas avec des concepts aussi cons que l’égalité des sexes et la chasse aux stéréotypes, non ? Les fautes d’orthographe, c’est juste un petit bonus.

11h30.

Nous pénétrons au coeur du système, la piscine tropicale.

À l’entrée, un compteur affiche le nombre de personnes à l’intérieur du bazar : près de 1000. J’ai déjà le vertige. Je gare la poussette, je prends mon fils sous le bras et nous nous dirigeons vers les vestiaires.

C’est parti pour un parcours du combattant : le sol est trempé, les vestiaires familles sont complets, j’essaie de changer le petit en le tenant à bout de bras. Heureusement que mes potes m’aident, c’est une galère sans nom, je manque de me casser la figure à chaque pas dans le labyrinthe des casiers.

Quand j’arrive enfin à la piscine, j’ai l’impression de voir la Vierge ; c’est vrai que ça a de la gueule, malgré le monde. On va dans la piscine à vagues, l’eau est froide. On va se réchauffer dans la pissotière : la pataugeoire des tout petits où mon bébé, après beaucoup d’appréhension, commence à s’amuser. Nous, on patauge dans le pipi mais on a chaud, la vie est belle.

Au retour, je passerai une bonne demi-heure à essayer de retrouver mon casier, cet endroit rend fou.

14h.

A taaaaaaaable ! Après notre mésaventure de la veille, on ne traîne pas pour choisir le resto, on opte pour le premier qui sert encore : ça s’appelle le “Cocoon”, ambiance cosy plutôt sympa, dommage qu’il fasse aussi froid. Les plats sont classiques, copieux et pas trop mauvais, et je trouve ce pour quoi je suis venue : une flopée de chaises hautes et des petits pots gratuits pour les petits. Le staff est plutôt convivial, sauf notre serveuse qui ajoute un petit vent glacial à l’atmosphère déjà fraîche (l’isolation et le sourire, c’est superflu). Après beaucoup d’attente (on était pourtant les seuls dans le resto), on finit de déjeuner tard, très tard.

16h.

Il est temps de faire des courses, personne dans notre petit groupe n’a envie d’enchaîner deux soirées sans manger.

Nous découvrons alors la supérette du centre, un endroit à mi-chemin entre boutique de camping et musée des vieilleries.

Improbable : on y déniche des mots croisés édités au début des années 2000, des peluches kitsch de la même époque, une vraie reconstitution des 90’s. J’ai l’impression que ma mère va surgir pour m’acheter un Troll ou un polly pocket. Par contre du côté des produits, rien de très appétissant : on décide finalement de prendre une tartiflette à emporter au coin traiteur.

19h.

On finira la journée en mode glandage sur le canapé, devant des téléfilms de Noël et en prenant à tour de rôle un bon bain chaud dans la salle de bain qui, je le rappelle, est la pièce la plus réussie du cottage. On aurait bien allumé du feu mais il faut acheter un kit à prix d’or… on se contentera de nos plaids (oui, car on est venues sans ramener de bouffe mais avec des plaids).

DIMANCHE

13h.

Marius m’a encore fait la misère cette nuit, j’ai l’impression qu’il a un problème avec cet endroit. Du coup, on se repose le matin avant de tester un autre restaurant.

Le niveau est toujours aussi basique, mais on ne vient pas à Center Parcs pour faire un déjeuner gastronomique, hein. Le concept : on choisit d’abord la garniture (genre forestière, carbonara…) et ensuite seulement, on choisit le “support” : pâtes, pizzas ou crêpes. LOL.

14h.

Nous retournons à la piscine, le compteur annonce “seulement” 400 personnes, on respire. Cette fois-ci on ne perd pas de temps et on file tout de suite nous réchauffer dans la pataugeoire. À la guerre comme à la guerre.

16h.

Bowling ! On enfile nos superbes chaussures et avant de rejoindre la piste, on va au bar pour commander une gaufre, une crêpe, un goûter quoi. Mais il n’y a rien. Ils ne servent pas à manger. Je suis déçue : je croyais que Center Parcs était une énorme pompe à fric où chaque halte est prétexte à te vendre des trucs : publicité mensongère ! Tu ne peux même pas consommer comme un touriste digne de ce nom.

On fait donc notre partie, et ensuite on descend dans le seul restau qui sert des gaufres. On est seules dans la salle ; derrière nous, un mec déguisé en clown anime un spectacle auquel assistent deux gamins égarés.

Un vent de déprime du dimanche soir souffle sur l’Aqua Mundo.

En fait, tout le monde est déjà reparti. Nous, on reste jusqu’au lendemain, et on se dit que la soirée va être longue.

Je passe sur la fin du séjour : on a encore glandé dans le cottage le dimanche soir, et le lundi on n’a pas traîné pour quitter les lieux et retrouver un peu de joie de vivre parisienne car je vous jure, Center Parcs passé le dimanche midi c’est un nid à déprime.

Bilan : on s’est quand même bien marrées, je dois dire. Je ne m’attendais pas à ça : le parc n’a pas bougé d’un pouce en plusieurs décennies, c’est fou.

L’autre jour, j’ai vu passer sur Instagram les vidéos d’une maman blogueuse qui avait été invitée chez Center Parcs. La chambre paraissait dingue, ultra-moderne, avec une cabane dans la chambre d’enfant et des jeux d’escalade dans le cottage. Je ne sais pas où c’était, mais pas au Bois Francs, c’est sûr !

Si vous avez envie de revenir quelques décennies en arrière, et que vous êtes prêt à payer une fortune pour ça, allez donc passer un week-end à Center Parcs ! Mais surtout, n’oubliez pas d’amener à manger. A bon entendeur…

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Encore une minute ?

22 Comments

  1. Je dois avouer que ça ne donne pas envie… !

    1. Ah ah ah tu as déjà testé avec ton lutin ?

  2. Moi qui étais justement en train vendre le truc à mon mari, ça va être dur de le convaincre maintenant. Ceci dit, tous les Center Parcs ne sont peut-être pas d’époque comme celui des Bois Francs. Je vais chercher les modernes !

    Cécilia

    1. Lol oui si je me fie aux images que j’ai vues de la blogueuse qui avait des parcours d’acrobates dans la chambre, je me dis que les Parcs plus récents doivent être pas mal

  3. Hey pour ma part, j’ai découvert le Center Parcs le Bois aux Daims l’année dernière et j’avais grave aimé ce que j’avais vu ! L’Aqua Mundo était cool, les cottages aussi, et j’avais été dégoûtée de devoir rentrer chez moi (c’était à la fin d’un voyage presse, je pouvais rester le w-end mais j’avais des obligations) car j’avais trouvé les lieux apaisants. Après oui, il me semble que c’est pas la même chose à tous les CP, j’ai une copine blogueuse qui avait eu des punaises de lit dans le sien… C’est clairement la raison pour laquelle si je vais à CP, je pense que j’opterais pour le Bois aux Daims et pas un autre !

    1. Je pense que je me suis définitivement plantée de Center Parcs… le pire c’est qu’on avait le choix, et je me suis fiée à tous ces crétins qui disaient que les Bois Francs était le mieux car l’adresse historique.

  4. Tu ne me fais pas rêver 😉
    Monsieur et son fils avaient bien aimé leur séjour mais je ne sais plus où ils étaient allés. Ils s’étaient déplacés en vélo.
    Je testerai bien le concept un jour mais regarderai bien les photos avant lol

    1. Oui c’est clair qu’il faut bien tout scruter avant ! Mais même avec les photos je ne m’attendais pas à cette atmosphère tellement kitsch

  5. Ahah ! La dernière fois que j’y suis allée c’était il y a 14 ans !
    Ta description est exactement la même que ce que j’avais pu ressentir.
    On avait eu la charmante idée de faire du cheval. Les bébêtes avaient l’air d’être fixées à des rails, tellement elles étaient conditionnées pour la balade. #plusjamais 🙂

    1. C’est sûr que tout est très conditionné… nous on n’a pas trop testé les activités, hiver oblige, donc je ne peux pas juger mais ce que j’ai vu m’a suffit

  6. Ha ha effectivement ! J’ai plus trop envie d’y aller maintenant ^^ Mais c’est vrai qu’un parc plus récent pourraît être mieux 🙂

    1. Oui c’est certain d’après les retours que je lis !

  7. Ha ha ha, Fanny, ton article m’a beaucoup amusé ^^

    Comme le disait Lili dans un précédent commentaire, Junior (11yo) et moi avons, nous aussi, testé le concept Center Parc (Les hauts de Bruyères) mais il me semble avoir d’avantage apprécié l’expérience que toi et ce pour plusieurs raisons.

    Les +
    Le temps, tout d’abord. Nous sommes partis en février de l’année dernière et avons eu un magnifique ciel bleu (ça compte, car la “bulle”, c’est sympa mais elle ne recouvre pas tout le domaine). J’avais volontairement choisi un cottage éloigné du centre afin d’être peinards dans les bois (enfin, entre les arbres) mais nous avions des vélos (précieux car en effet, à pieds, cela peut-être rébarbatif). D’ailleurs si il n’y a pas de voitures en dehors des périodes d’arrivée/départ, c’est justement pour que parents et et enfants puissent se balader pépères sur les chemins. Ensuite, un ami (avec trois enfants) habitué des Center parcs m’avait pas mal parlé du concept (et de ses éventuelles limites) et j’ai beaucoup checké les domaines et les photos sur le site (qui valorise bien sûr quasi exclusivement les cottage VIP -pas donnés- ou les cottages rénovés et concepts -pas donnés, non plus-). Enfin, à part deux ou trois repas, le pain frais, les glaces et autres gourmandises, nous avions apporté tout le nécessaire pour nos repas. Nous avons malgré tout, testé le mini traiteur (bon mais pas donné) et la pizzeria (plutôt bonne). Ultime élément, même si nous avons passé pas mal de temps à l’aquamoundo et dans sa rivière sauvage, fait du footing et du vélo, j’avais blindé notre séjour d’activités complémentaires (paint-ball, accrobranche, atelier cirque, buggy, bowling, pédalo, etc. payantes, bien sûr).

    Les –
    En effet, notre cottage bien que propre, fonctionnel et de bonnes dimensions aurait gagné à être plus moderne (mais nous avons adoré nos feux de cheminée du soir -avec des buches pas données-).
    La bulle, c’est cool mais, je suis d’accord avec toi, l’intérieur est un peu (beaucoup) kitch/carton pâte et l’ensemble avec les restos, plutôt bruyant + le mini marché est clairement en mode dépannage.
    Le domaine est très étendu donc si tu as du mauvais temps, les trajets A/R à la bulle doivent être très pénibles.
    Tu es tenté de rajouter des activités mais cela revient vite à (très) cher et certaines mériteraient un petit rafraichissement (les chaussons du bowling par exemple) ou plus de fun (le buggy est une balade en soirée avec un kart bridé à 30-35km et pas une séquence fun avec des bolides ultravitaminés #deception).

    Bref, malgré quelques petites déceptions, Junior et moi avons beaucoup apprécié notre séjour. Je suis parfois tenté de renouveler l’expérience mais dans un parc aux cottages neufs ou restaurés ou pourquoi pas en classe supérieure.

    Oups, je m’aperçois que je t’ai laissé un commentaire un peu long… Excuses-moi 😉 Bises

    1. Un grand merci pour ton retour qui je pense sera très utile à ceux qui projettent d’y aller !! Tu dis des choses très justes : ne pas venir les mains vites et s’organiser pour les repas ; bien checker les cottages ; réserver des activités pour ne pas s’ennuyer…

  8. Ahahah la barre de rire, c’est tellement ça !!!
    Nous on avait été aux pays bas, back in the 90′ également, mais avec des allemands et des hollandais… Au moins c’était un peu dépaysant ^^

    1. Lol, oui c’est au moins ça de pris !

  9. Ah ah, au moins j’ai bien rigolé ! On a passé un weekend à center parcs en novembre 2016, à une dizaine de personnes, mais je ne sais plus ou c’était. Rien a dire côté cottage, et on avait prévu de la bouffe ( raclette etc …) donc on a pas manqué. J’ai juste chopé une énorme crève !

    1. En prévoyant la bouffe ça va ! Mais il y a quelques années on a fait un truc comme ça mais pas Center Parcs et c’était dix fois mieux : http://www.valjoly.com/ le comble c’est qu’à l’époque on l’avait choisi parce que c’était bien moins cher que center parcs

  10. Ce petit article m’aura bien fait rire ! J’ai pas tellement envie, à la base, d’aller à Center Parcs pour diverses raisons (Pompe à fric, la peur de l’ennui, etc) et ton article n’a fait que mon conforter dans mon idée. Center parc, très peu pour moi, je ferai du camping à la place.
    Merci pour cet article ! =)

    1. Merci 😉 Oui je pense que c’est la meilleure chose à faire ! Bizarrement moi je me dis que je pourrais retenter (je suis maso) mais uniquement sur un parc récent

  11. J’ai connu une expérience un peu similaire dans un Sun Parc en Belgique. Je préfère et de loin, louer une résidence dans un lieu un peu moins “touristique”.

  12. Mon frère a déboulé dans un Center Parcs entre Noël et Nouvel an avec femme, 3 momes, un chien. Il avait pris un cottage de luxe, lui qui aime bien rester à la maison à cette période mais voulait faire plaisir à ses enfants. Ils ont été “déclassés”: désolé monsieur, le cottage que vous avez réservé (et prépayé) n’était en fait plus disponible, alors on vous a mis dans un plus petit et on vous remboursera la différence. Bonne blague. Bref, ils prennent sur eux. Arrivée là, l’horreur: de la boue partout, zéro lumière fonctionnelle dans la rue donc pour décharger c’était l’enfer, les draps étaient dégueu, le resto triste à pleurer, les enfants ont demandé à partir au bout d’une heure. Ils sont rentrés… J’y étais allée moi aussi invitée presse et j’avais vraiment trouvé ça triste aussi. Pourtant mon logement était chouette. Mais comme toi: COMMENT PEUT ON DEMANDER AUTANT D ARGENT POUR DES BUCHES DESTINEES A ETRE CRAMEES?

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