ouai, nous on s'aime, on est trop complices
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Mon dernier navet : ma première fois

J’ai du mal à être régulière en ce qui concerne mes critiques ciné, il y a pas mal de films dont je n’ai pas encore parlé ici… mais là, je ne pouvais pas laisser passer cette production qui m’a laissée perplexe, j’aimerais avoir votre avis si vous l’avez vue.

« Ma première fois » est sorti il y a déjà un bail et que je tenais absolument à le voir. Pourquoi ? A cause de mon petit côté fleur bleue qui réclame régulièrement des histoires d’amour pleine d’élan et de jeunesse. Attention, je n’ai pas dit Twilight : en fait j’adore les bons petits films français où l’on retrouve des récits de lycée bourrés de repères qui permettent de s’identifier aux personnages. « Ma première fois » avait tout pour me plaire : deux adolescents qui découvrent durant l’année du bac les émois d’une première grande histoire d’amour. J’ai eu la faiblesse de penser que le grand écran m’épargnerait les faiblesses des téléfilms mièvres sur le même sujet. Grossière erreur.

C’est bourré de clichés, du début à la fin : d’abord, le lycée est un internat qui ressemble au château de Versailles, les élèves feraient presque  passer les personnages du film LOL pour des amateurs en matière de démonstration de fric et de bonnes manières bourgeoises (c’est dire).

L’héroïne est la première de la classe : une beauté simple absorbée par ses études, et désireuse de contrôler le moindre aspect de sa vie, riche en leçons d’équitation, soirées pyjama avec sa meilleure amie et week-ends à la campagne dans la propriété familiale. Son beau-père l’adore (Vincent Perez, mais qu’allait-il faire dans cette galère ?), elle-même aime beaucoup les gens puisqu’elle passe son temps à abreuver son entourage de « je t’aime ». La vie est belle.

Col relevé sous la neige, le beau ténébreux vient d'avoir un coup de foudre

Le héros est un jeune rebelle tellement canon qu’on peine à croire qu’il soit réel. Pour se la jouer à la ricaine, il boit son lait « de nos régions » torse nu et directement à la brique. Ouah, la classe. Son père est un sacré méchant, il ne croit pas en son fils, du coup le jeune cancre fait des photos de mode et méprise le système (mais bon, il est naturellement bon en philo, il récite Spinoza presque malgré lui – re-laclasse).

Ces deux êtres que tout oppose vont bien sûr tomber follement amoureux, et c’est parti pour une série de scènes qui frôlent la crise de rire. La jeune fille délaisse ses études pour aller faire la fofolle avec son beau ténébreux : ils vont faire mumuse dans la Galerie de l’Evolution, à jouer à cache cache entre un ours et un éléphant empaillé (véridique). Après plusieurs moments complices du même acabit, balades en moto et câlins dans une prairie bucolique, vient le moment de la première fois : une petite cabane joliment arrangée, croulant sous les couronnes de fleurs et des bougies par dizaines.

Il y avait beaucoup d’adolescentes dans la salle : les pauvres, si elles croient que la première fois se passe dans ce décor de Saint-Valentin en carton pâte, elles vont être sacrément déçues. Et encore plus quand elles verront que leur prince charmant ne sera pas une bombe sexuelle échappée d’un magazine de mode.

ouai, nous on s'aime, on est trop complices

Le baiser de l'amuuuuuuuuuuuuuur

Attention, l'équitation, c'est dangereux #spoiler

La fin est plus pitoyable encore, par égard pour les masochistes qui auraient tout de même le courage de visionner le film, je ne la raconterai pas – sachez seulement que l’on atteint les limites de l’absurde en matière de parodie à la Roméo et Juliette.

J’en aurai presque ri si je n’avais pas eu le sentiment tenace de perdre mon temps durant 1h30 qui m’a semblé durer une éternité. A quand un film sur le premier amour qui ne singe pas l’adolescence ?

 

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Revue de ciné : Time Out, Contagion, Shame…

D’habitude, j’aime bien faire des petites revues de ciné avec trois films, mais là je suis tellement à la bourre que je vais faire un petit méli-mélo rapide…d’autant plus que certains films commencent à dater maintenant. Je vais donc procéder par ordre chronologique…

J’ai vu L’Exercice de l’Etat, un film sur les méandres du pouvoir. Olivier Gourmet interprète un ministre des transports obligé de mener une réforme qu’il désapprouve, avec l’appui de son directeur de cabinet joué par Michel Blanc. Le film retrace avec un réalisme saisissant la dureté des relations de pouvoir dans les plus hautes sphères de l’Etat.

Dès le début du récit, on se sent oppressé(e) : il est 2 heures du matin, un homme se prépare pour se rendre sur les lieux d’un accident ; sa journée n’en finit pas, on touche du doigt sa fatigue alors qu’il enchaîne les réunions, les interviews, les coups de fil incessants. Le sujet central (cette fameuse réforme des transports) est un prétexte pour tisser une multitude de petites histoires qui racontent l’enfer d’un quotidien sous haute surveillance. Et ici, l’enfer, c’est vraiment les autres : les relations entre les uns et les autres, et les ambitions personnelles écrasent l’intérêt général. Même si rien n’est caricatural, il n’y a pas les bons et les méchants, juste des individus battant des ailes pour survivre dans un monde impitoyable. De quoi passer durablement une éventuelle soif de pouvoir politique… pour ma part en tout cas.

Je suis restée perplexe après avoir vu « Toutes nos Envies« , l’adaptation du livre   »D’autres vies que la mienne » d’Emmanuel Carrère. Une histoire dramatique, celle d’une jeune juge mère de famille (Marie Gillain) qui apprend qu’elle est atteinte d’un cancer incurable. Durant les quelques semaines qu’il lui reste, elle met toute son énergie dans la lutte contre le surendettement, avec l’aide d’un autre juge au coeur tendre (Vincent Lindon).

Pourquoi je n’ai pas accroché ? J’ai trouvé que ce qui aurait pu être une ode à la vie et à l’espérance était une lente plongée monotone vers la mort, ponctuée de dialogues souvent caricaturaux et bien creux. Et pourtant, j’adore Marie Gillain et j’étais ravie à l’idée de la retrouver à l’écran. Mais là, elle ne m’a pas émue, je n’ai pas cru en son histoire d’amitié avec Vincent Lindon. Je me suis ennuyée, et je suis ressortie avec le cafard alors qu’on me promettait une furieuse envie de vivre. Dommage.

J’ai voulu me divertir avec Contagion, mais le film m’a plus rendue hypocondriaque qu’autre chose… forcément, l’histoire d’un virus tueur qui se propage au gré des poignées de mains et éternuements dans le métro, ça semble crédible. A part ça, l’histoire est bien creuse, les personnages trop furtifs pour qu’on s’y intéresse, même la géniale Kate Winslet semble être passée en touriste. Quant à Marion Cotillard, dans le genre rôle qui ne sert à rien, elle a trouvé ici le jackpot ! Jude Law est cantonné à un rôle de blogueur activiste un peu borderline, avec une fausse dent cassé pour tuer un peu le côté mannequin. Quel gâchis. Moi qui m’attendait à une enquête policière (je suis un peu naïve des fois), je me suis retrouvée devant un remake du Jour d’Après ; or, les films catastrophe, c’est pas trop mon truc…

Petite surprise côté divertissement : Time Out. Là, je n’attendais rien d’autre qu’un énorme navet à l’américaine. Je ne pouvais qu’être agréablement surprise. Entre science-fiction et histoire d’amour impossible, le récit se passe dans un monde imaginaire où le temps s’est transformé en argent, au sens propre. On paye son café 3 minute et son loyer 3 jours ; la durée de vie de chaque individu est tatouée sur son bras, avec une sorte de lumière verte en constante évolution. Les pauvres doivent vivre à l’heure près ; les riches ont quelques décennies devant eux. Petit bonus : tous s’arrêtent de vieillir à 25 ans, mais s’ils épuisent tout leur temps… ils meurent.

Vous n’avez rien compris ? Je vais donc sortir des arguments plus efficaces : Justin Timberlake dévoile un sex-appeal très… intéressant, et Amanda Seyfried est canon en brune. Ils forment un couple glamour à souhait (surtout dans les scènes de course-poursuite, où la belle court avec élégance avec… des talons de 12 centimètres). L’histoire est prenante, on ne s’ennuie pas, rien de transcendant mais ça se tient. Que demander de plus à un film conçu pour divertir ?

Enfin, la semaine dernière, j’ai vu Shame : le drame d’un homme victime de son obsession sexuelle. Le réalisateur semble déterminé à nous montrer que cette addiction n’est pas un vulgaire caprice mais une source de souffrance infinie. Du coup, il n’hésite pas à multiplier les effets : le héros louche sur une femme dans le métro, avec en musique de fond une longue plainte de violons languissants ; il enchaîne les partie de jambes en l’air avec une lassitude déconcertante.

On en serait presque triste pour lui, presque, parce que l’ennui prend le dessus. Il y a bien cette relation ambiguë entre le héros et sa soeur dépressive, mais on n’apprend rien de plus sur cette relation que les bribes d’indices que l’on veut bien nous donner. Visiblement les deux ont un passif assez lourd, mais lequel ? Non, au lieu de s’y intéresser, on doit supporter les plans à rallonge qui n’apportent rien au récit, qui ne nous permettent pas de comprendre l’histoire d’un anti-héros qui n’a rien de sympathique. Etrange parti-pris. Une belle déception.

J’ai encore pas mal de films à voir, la suite au prochain épisode…

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Revue de ciné : Intouchables, La couleur des Sentiments, Les aventures de Tintin

Intouchables

Peace & Love (& Hope)

En ce moment, je trouve les réveils plus déprimants que jamais : crise, austérité, décroissance, chômage & dette sont les jolis mots qui nous cueillent chaque matin au saut du lit. Et puis de temps en temps, il y a une jolie surprise ; hier matin, une interview d’Eric Toledano qui nous apprend qu’Intouchables a déjà réuni 5 millions de spectacteurs. Vous en faites peut-être partie, si non, je vous conseille de filer au plus vite dans une salle de ciné pour vous offrir deux heures de pur bonheur.

Tout a déjà été dit sur ce film : c’est drôle, émouvant, loin des clichés et des tabous. Je reste encore scotchée par le duo formé par Omar Sy et François Cluzet, ils sont époustouflants. Le succès d’Intouchables me ravit, parce que je suis convaincue qu’il pourra contribuer à faire évoluer les mentalités, encourager la tolérance. Si si, j’y crois. Un tel accueil de la part des Français, c’est loin d’être anecdotique, c’est un vrai signe d’espoir. Et en ce moment, l’espoir, on a bien besoin.

 

La couleur des sentiments

Don’t you know, they’re talking about revolution

Cela aurait pu être un mélo un peu longuet, c’est en fait un très beau film plein de classe et de finesse. L’adaptation de l’ouvrage « The Help » de Kathryn Stockett est une réussite (je n’ai pas encore lu le livre, mais j’en ai très envie maintenant).

Le titre original « The Help » veut dire ici « Les bonnes », en l’occurrence les bonnes noires qui travaillent pour des familles aisée dans le Mississipi des années 1960. A cette époque, dans cet Etat, le concept même de racisme est un pléonasme. Les « races » vivent séparées, dans le bus, dans la rue, dans la ville, et même dans les maisons où les bonnes viennent travailler : interdiction d’utiliser les toilettes de la famille. « On n’a pas les mêmes maladies ». Ben voyons. Skeeper, une jeune femme qui refuse les conventions (en gros, le mariage et le statut de femme au foyer), décide de recueillir les témoignages des bonnes pour en faire un livre.

Cette histoire m’a plu car elle n’est pas caricaturale, les personnages, à part quelques-uns, ne sont pas tout noirs ou tout blancs (c’est le cas de le dire), ils doivent juste évoluer dans un monde qui nous semble aujourd’hui à la fois surréaliste et amer (parce que si le racisme avait aujourd’hui totalement disparu, ça se saurait). Dans un second rôle de femme au foyer fragile mise à l’écart par ses voisines perfides, Jessica Chastain crève l’écran. Une actrice à suivre de très près.

Les aventures de Tintin

Mille milliards de… dollars

Tintin et moi, à la base, on n’est pas particulièrement copains. Je l’ai toujours trouvé un peu prétentieux, et puis avec cette histoire de Milou qui apprend la vie aux indigènes dans Tintin au Congo, Hergé ne m’est pas particulièrement sympathique. Je suis quand même allée voir Tintin, espérant être (agréablement) surprise. Je ne pensais pas adorer, mais pas non plus détester… il faut croire que je suis trop optimiste car je me suis ennuyée à mourir.

Le secret de la Licorne, une histoire déjà lue qu’on nous ressert à la sauce américaine. Grossière erreur, j’ai vu le film en VO ET en 3d. ça fait beaucoup. « Tinetine » + « Snowy » + « Thomson & Thompson » = gros craquage de nerfs à l’arrivée. J’ai détesté les images. Les dialogues sont déprimants. L’histoire vue et revue. Les personnages vilains comme tout : surtout la tête qu’ils ont fait au capitaine Haddock, il a carrément l’air abruti. Enfin, je ne suis peut-être pas assez pointue, je crois que les vrais fans ont apprécié… et vous ?

 


 

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monstre paris
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Revue de ciné : The Artist, Un Monstre à Paris

The Artist

To speak or not to speak

Jean Dujardin restera toujours à mes yeux celui qui ne rabat jamais la lunette des toilettes et qui laisse ses poils de fesses dans la baignoire. Oui, je sais, commencer comme ça la critique du film glamour du moment, c’est limite. Mais c’est juste pour rappeler ce qui rend Jean Dujardin tellement attachant : on a beau le voir au summum de l’élégance dans un film en noir et blanc, on n’oublie pas qu’il a été le symbole d’une génération d’hommes du quotidien. Et ça, ça me plaît. Bref, il assure dans The Artist et pour ma part, j’ai été séduite par ce très joli film qui nous replonge dans une esthétique oubliée. C’est l’histoire de la chute d’une star du cinéma muet, George Valentin, au moment  de l’arrivée du cinéma parlant qui propulse au firmament des stars la jeune Peppy Miller. Pas un mot donc, mais une musique qui nous emporte et des silences qui retrouvent toute leur intensité. On parle beaucoup de Jean Dujardin qui est sans conteste très bon dans son rôle, mais j’ai trouvé Bérénice Béjo tout aussi excellente. Son jeu est pétillant : lorsqu’elle envoie son baiser après avoir sifflé son destinataire, lorsqu’elle danse, ou qu’elle mime l’étreinte d’un homme en enfilant son bras dans une veste vide… je l’ai vraiment trouvée magnifique. Un film qui m’a enchantée, et que je vous conseille vivement.

Un monstre à Paris

La belle et la bête

« Je ne sais, ne sais, ne sais pas pourquoi, on s’aime comme ça, la Seine et moi » C’est le petit air que j’ai eu en tête après avoir vu ce beau film d’animation. Le décor est magnifique : le Paris des années 1910, année historique qui marque la plus importante crue de la Seine. Dans la ville inondée, Un Monstre à Paris c’est l’histoire d’un monstre, ou plutôt d’une puce, qui après un accident de laboratoire se retrouve dotée d’une taille phénoménale et d’une voix enchanteresse. Cette voix magique, c’est celle de M, qui trouve un superbe écho en celle de Vanessa Paradis alias Lucile, chanteuse de cabaret angélique. Les scènes où ils chantent ensemble sont magnifiques, tout y est : les superbes images, les voix, le texte. Malheureusement ces moments sont un peu trop rares dans ce film d’animation que l’on sent avant tout pensé pour les enfants : il fallait laisser de la place pour l’histoire d’amour, le très grand méchant, les habituelles péripéties avant le dénouement heureux. On aurait aimé encore plus de musique et un peu moins de narration… ne chipotons pas trop tout de même, c’est un très bon film. Je vous laisse avec le duo de l’année…   http://www.dailymotion.com/video/xjn9k5

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Revue de ciné : Drive, Un heureux évènement, Le Skylab

Drive

On the road again

J’ajoute une pierre à toutes les critiques élogieuses que l’on peut lire sur ce film : Drive est un énorme coup de coeur, inattendu pour ma part. J’avais un peu peur de voir un film de voitures, je suis tombée sur un grand film, de ceux qui vous tiennent durablement scotchés à votre siège. Ryan Gosling, que l’on a récemment vu dans le rôle d’un grand tchatcheur dans Crazy Stupid Love, incarne ici un anti-héros solitaire et silencieux. Il ne parle pas, il conduit : dit comme ça, ça parait un peu ringard, mais ce personnage est vraiment complexe. Aussi touchant qu’effrayant. Magnétique. La prestation de Ryan Gosling est bluffante. Cet acteur est un grand ; et pourtant je me souviens à quel point je l’avais trouvé fade dans « N’oublie jamais« … il a bien changé. Ici, on vibre avec lui. Les images sont superbes. La bande-son est extra. Certaines scènes sont très violentes, mais elles participent à l’intensité du film. Bref, ne manquez pas cette pépite. Je ne résiste pas à l’envie de vous montrer quelques extraits, montés ici sur la plus belle chanson du film.

Un heureux évènement

Be my baby

Cela faisait déjà plusieurs semaines que je trépignais d’impatience à l’idée de découvrir le nouveau film de Rémi Bezançon. « Le premier jour du reste de ta vie » est l’un de mes grands coups de cœur : c’est la première (et la dernière fois) que j’ai autant pleuré dans une salle de cinéma. Un Heureux évènement ne m’a pas émue aux larmes, mais il m’a bien remuée tout de même. Le sujet ne peut laisser insensibles les potentiels futurs parents que nous sommes tous, à un moment de notre vie… c’est l’histoire d’une grossesse, d’une naissance, et d’une nouvelle relation qui chamboule la vie. Parce que tout le monde a son mot à dire sur le sujet et que pourtant, personne ne sait. Personne ne comprend, ou du moins ne dit, qu’une naissance n’est pas nécessairement un océan de bonheur. C’est le point de vue de la jeune mère, jouée par Louise Bourguoin, qui est ici mis en scène avec quelques maladresses mais toujours beaucoup de nuances. Même si la fin est un peu plus consensuelle, le film n’érige pas de grandes leçons de vie ni de solutions miracle ; juste des tranches de vie, des anecdotes qui sentent le vécu, portées par des acteurs justes et touchants. Pio Marmaï reste mon grand chouchou, je le trouve toujours parfait (mais je ne suis plus du tout objective). Bref, un très joli film qui m’a donné envie de lire le livre dont ils s’inspire.

Le skylab

Happy family

Le Skylab, c’est l’histoire d’une journée en Bretagne : un anniversaire, des tantes, des oncles, des cousins, un barbecue, des chamailleries, des fous rires. Une journée intemporelle, mais qui prend ici un doux parfum de nostalgie puisque la scène se passe en 1979. Julie Delpy s’est largement inspirée de son enfance, et plus précisément des réunions de famille agitées, aussi intenses qu’inoubliables. Ici, pas de grands retournements de situation ni de scènes de vaudeville, juste la vraie vie dans ce qu’elle a de plus drôle et de plus attachant. Je n’ai pas connu cette époque mais j’imagine que plus d’un doit s’y retrouver dans les décors, les costumes, et les débats politiques acerbes et les histoires qui n’en finissent pas, sans ordinateur ni jeux vidéos. Le skylab, c’est une station spatiale américaine qui menace d’entrer d’écraser la Bretagne. On peut y voir le symbole d’un futur technologique destructeur, du danger de la mondialisation ou plus globablement la fin d’une époque… mais étonnamment, le propos n’est pas passéiste, on sort de la séance gonflé à bloc et plein d’optimisme pour l’avenir. Parce qu’en dépit de tous les skylabs de la terre, le ciel ne nous est pas encore tombé sur la tête, et les réunions de famille ressemblent encore beaucoup à celles de 1979. Ouf !

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un jour couple
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Revue de ciné : La piel que habito, Un jour, Mes meilleures amies

La piel que habito

Entre ses mains

Le dernier Almodovar est très déstabilisant : à la fois complètement allumé et terriblement classique. Difficile de vous raconter l’histoire sans dévoiler l’essence du film. Disons en deux mots qu’il s’agit d’un inquiétant chercheur qui dissimule chez lui une superbe créature, sorte de femme objet soumise à des expériences scientifiques. On rassemble peu à peu les pièces du puzzle, et lorsque l’on comprend enfin de quoi il s’agit, on reste un peu abasourdi… voire sceptique tant le scénario, inspiré d’un roman de Thierry Jonquet, est délirant. L’esthétique du film oscille entre le thriller hitchcockien et la production des années 1980, vintage gore. En voyant la bande-annonce j’avais peur que le film soit très violent, et effectivement il l’est, mais c’est avant tout une violence psychologique. Certaines scènes sont très réussies, notamment grâce au jeu impeccable d’Antonio Banderas et de la belle Elena Anaya. Bref, de Almodovar 2011 est un bon cru mais il laisse un goût amer en bouche. A réserver aux amateurs.

Un jour

True Love

Je ne sais pas pourquoi, en voyant l’affiche de ce film pourtant assez explicite, je pensais voir un film du cinéma indé américain, un peu intello, un peu romantique. La faute à la jolie lumière de la photo, aux commentaires élogieux de Télérama dans le métro… que nenni, Un Jour est un mélo tout ce qu’il y a de plus classique ! C’est l’histoire d’un couple d’amis qui se passent leur temps à se chercher et mettent plusieurs décennies avant de se trouver. A la clé : deux beaux acteurs très bien assortis, des scènes de trouvailles / retrouvailles / re-retrouvailles pleines d’émotion, une bande son larmoyante… bref, un cockail très prévisible et pourtant, j’ai mordu à l’hameçon et me suis laissée embarquer par cette jolie histoire d’amour adaptée d’un best-seller. Anne Hataway est mignonne comme tout, le garçon n’est pas mal non plus même si on a connu plus charismatique. Bref, un bon petit film sans prétention à voir entre filles pour faire le plein de petits moments de grâce amoureuse.

Mes meilleures amies

Superwomen

Côté comédie, j’ai beaucoup aimé Bridesmaids, vilainement rebaptisé Mes meilleures amies pour la version française. Pourtant, je l’ai vu dans de mauvaises conditions : dans l’avion, avec un écouteur qui ne marchait plus et en VF. Et bien je me suis quand même bien marré toute seule devant mon mini écran. Annie, l’héroïne du film, est un mix entre Bridget Jones et Lynette Scavo (c’est dingue comme elle lui ressemble!). C’est une jeune femme célibataire qui subit le mépris d’un amant prétentieux et le poids de ses échecs professionnels. Le pilier de sa vie, c’est sa meilleure amie ; lorsque celle-ci annonce qu’elle va se marier, Annie est chargée de préparer les festivités avec les autres demoiselles d’honneur. Et là, c’est le drame… Les situations cocasses s’enchaînent, et si certaines sont un peu lourdingues (on n’échappe pas au pipi caca) on rit toujours de bon coeur car les dialogues sont excellents et l’enthousiasme des actrices communicatif. Un bon film de copines pour rattraper le niveau du dernier Sex and The City… et sinon, j’ai également bien ri devant  Comment tuer son boss et Bad Teacher.

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london boulevard colin Keira
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Revue de ciné : London Boulevard, Le chat du Rabbin, Very Bad Trip 2

London, baby

Voilà un film qui décoiffe. La base est plutôt classique : prenez un ex-taulard (de préférence canon) qui cherche à se racheter dans les bras d’une jolie femme. Malheureusement, des amis de son passé le poursuivent et l’entraînent malgré lui dans de sombres magouilles. A la sauce américaine, ça vous donne un film d’action musclé ; à la française, un polar psychologique ; à l’anglaise, on obtient un résultat complètement déjanté à l’humour féroce. Banco, c’est cette troisième option qu’a choisi le réalisateur William Monahan pour son dernier film.

Cela met un peu de temps à démarrer mais une fois embarqués, on est accrocs.  Le héros, un voyou repenti au coup de poing facile est joué par Colin Farrell, exceptionnel et plus sexy que jamais (et pourtant croyez-moi, je ne suis pas une fan de la première heure). Il est entouré de personnages complètement allumés, aussi drôles qu’inquiétants. Ce film m’a réconcilié avec Keira Knightley, que je pensais définitivement perdue depuis le pitoyable Last Night. Ici, elle est parfaite en star au bout du rouleau, harcelée par les paparazzis. Le second rôle féminin est aussi un régal : c’est la soeur du héros, une illuminée interprétée par la sublime Anna Friel découverte dans la série Pushing Daisies. Et last but not least, la bande son est une véritable tuerie (extraits ici). Bref, si vous aimez les histoires de gangsters et n’avez pas peur de l’humour anglais, courez-y !

Dites MIAOUUUU

Je suis allée voir Le chat du rabbin sans rien connaître des BD du réalisateur, Joann Sfar. J’avais juste beaucoup aimé sa vision de Gainsbourg dans le film qu’il lui avait consacré.

L’histoire se passe dans l’Algérie des année 1920. Après avoir mangé un perroquet, un chat espiègle se met soudainement à parler. Son maître, un rabbin (vous l’aurez facilement deviné) refuse alors que le chat continue de fréquenter sa fille Zlabya, à cause de la mauvaise influence qu’il pourrait avoir sur elle. Pour plaire à son maître, le chat s’initie alors à la religion, et souhaite même faire sa bar-mitsva. S’ensuivent alors une série de péripéties qui mènera les héros à la rencontre de nouvelles cultures…

François Morel prête sa voix au héros ; sa prestation est incroyable, il a du être chat dans une autre vie. Malgré cela j’ai été légèrement déçue par ce film d’animation, dont j’attendais peut-être un peu trop après tant de critiques élogieuses. Je me suis un peu ennuyée, ça manquait de rythme, même si les différents thèmes étaient abordés avec beaucoup d’humour et de finesse. Dans un autre style, je préfère de loin une adaptation comme Persepolis. Si vous voulez en savoir plus, n’hésitez-pas à poser vos questions directement au chat du rabbin, il est sur Twitter !

Allez, viens boire un p’tit coup

Vous connaissez sûrement l’histoire de cette bande de potes qui, après une nuit d’enterrement de vie de garçon, se réveillent en ayant oublié tout ce qui s’est passé durant cette folle soirée. Ils doivent alors mener l’enquête pour retrouver l’un des membres qui a mystérieusement disparu. C’est le scénario de l’épisode 1, et de l’épisode 2. On peut dire qu’ils n’ont pas trop pris de risques !

J’avais adoré Very Bad Trip 1, une vraie bonne comédie américaine. Je me souviens d’avoir eu de gros fous rires pendant la projection… Very Bad Trip 2 est dans la droite lignée du premier opus, mais je l’ai trouvé un peu moins réussi. On a parfois l’impression d’assister à un remake en Thaïlande plutôt qu’à une vraie suite. Les personnages ont moins de piquant, peut-être parce qu’on les connaît déjà (l’effet de surprise avait beaucoup contribué au succès du premier film).

Bref : c’est drôle, pas de quoi bouder pas son plaisir, mais j’aurais aimé un peu plus d’audace. Et un détail pratique : éloignez les enfants.

 

Je vous reparlerai très vite de cinéma car j’ai très envie de voir Une séparation, qui paraît-il est un vrai bijou, et Limitless sur lequel je n’aurais pas parié mais qui paraît-il est réussi.

Et vous, avez-vous vu / aimé / détesté l’un de ces trois films ?

 

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